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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 09:16

J'apprends que Raphaël Mengs (1728-1779) fut le théoricien de Neo-classicisme en plein XVIIIème siècle, le contempteur du baroquisme et du rococo en peinture en même temps qu'un admirateur passionné de Raphaël, dont, hasard ou prémonition, il portait le prénom.

Or Mengs pour moi c'est avant tout ceci :



Un portrait de cour, idéal et charmant d'une jeune femme radieuse. Une fleur dans la main droite, un éventail dans la main gauche dans un souci d'équilibre. Le visage se détache particulièrement, grâce au fond bleu. Il est rond, avec des yeux grands ouverts, ronds eux-aussi. Le nez est court, les lèvres minces, tellement qu'elles semblent serrées, même si un sourire se devine. Le peintre ne permet pas que la robe, même somptueusement géométrique, prenne le pas sur le modèle et ses colories discretes semblent servir à mettre en valeur un teint éblouissant. Le décoletté descend très bas et n'est pas dissimulé par le collier, lequel ensert le cou. Quatre taches éblouissantes de fraicheurs interpellent donc : le visage, la poitrine, les deux bras. Et l'ensemble forme un hommage direct à la jeunesse, depuis le choix du cadre, jusqu'aux colories tendres de l'habillement.

Qu'est-ce que peut nous révéler le peintre sur la femme qui pose ? Dans ce port princier ? Ces épaules dégagées ? La tête tournée vers le peintre, le regard dévorant qui le dévisage ?  La fierté sans doute, mais pas l'orgueuil. L'appétit mais pas l'excès. L'énergie de la jeunesse. 

Le modèle c'est Marie-Louise (en fait Louise-Marie) de Bourbon-Parme. La fille du duc Philippe et de Louise-Elisabeth, l'aînée des filles de France. Mengs est alors en Espagne, au service du roi Charles III. Il peint les héritiers du trône, le prince des Asturies, le future Charles IV, et sa femme, Marie-Louise. Devenus souverains, ils engageront Francisco de Goya, dont certains des premiers tableaux rappellent par leur rhétorique ceux de Mengs justement. Les portraits qu'il fera de Marie-Louise figurent parmis les plus célèbres qu'il ait peint. L'éventail (et les beaux bras) sont les seuls vestiges de l'enchanteresse princesse des Asturies : 



  

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Published by Le vidame - dans Histoire et peinture
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