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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 13:45

  


 File:Empress Eugenie 1880.jpg

 

Quand j’étais enfant, ma mère me reprenait : Montijo avec une « jota » pas Montijo avec un « j » …  Je me demande d’ailleurs qui prononçait correctement ce patronyme aux Tuileries. Aujourd’hui c’est peut-être le visage que je préfère et celui que je traque le plus volontiers, quitte à faire des pèlerinages amoureux à Compiègne (mais quand donc peut-on réussir à visiter « le musée Eugénie » dont les portes sont systématiquement closes ?).  La carnation et la rousseur y sont pour quelque chose, le port de reine, littéralement, aussi, le modelé des épaules et du cou évidemment. Mais plus encore j’admire la profonde singularité des traits qu’on reconnait systématiquement, quel que soit le portraitiste. La forme des yeux, leur couleur presque transparente, les paupières un peu tombantes, l’arc des sourcils sont caractéristiques et contribuent à ce mélange de fierté et de douceur lasse si frappant dans cette physionomie. Quand, dans un roman, je lis les expressions galvaudées de « profil », de « visage » ou de « long nez » « aristocratique »  c’est toujours à cette figure que mon esprit revient. J’en aime la construction, l’ovale étroit, la manière dont les bandeaux épousent un front parfait, cette petite bouche qui ne s’épanouit que lorsqu’elle est en présence de son fils. D’ailleurs je suis très touché par cette série de photos qui montre le couple et le prince impériaux à divers âges. Napoléon III, son fils sur les genoux, qui le tient fermement contre lui, le regard attentif. L’Impératrice, quelques années plus tard, les mains dans les cheveux de Loulou, le visage appuyé contre le sien. Pas étonnant qu’à cette femme si orgueilleuse, on ait fait grief de ses penchants bourgeois. Il y a dans ces photos une manière d’offrir son intimité, en détournant paradoxalement le visage souvent, que n’avaient pas eue celles qui l’avaient précédé. En vieillissant, exilée, murie et déchue, elle ne dissimule d’ailleurs pas ni sa tristesse, ni sa fatigue.




Ici au temps de sa jeunesse, par Winterhalter, qu'elle a, décidemment, inspiré, au delà, à mon sens, du simple travail de commande.  



PS : Je profite de ce retour à la fête impériale pour signaler que se tient en ce moment à Enghien-Les-Bains une exposition qui rend hommage à la Princesse Mathilde . Ce n’est pas si fréquent.

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Published by Le vidame - dans Histoire et peinture
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commentaires

Estienne 27/04/2012 19:56


Bonjour,


 Je posséde un grand médaillon en fonte de forme ovale, d'environ 35 cm de haut  par 27 cm au plus large, qui représenterait l'Impératrice  Eugénie.


 Ce médaillon aurait été offert à chaque garcon francais né le même jour que Louis ,c'est à dire le 16 Mars 1856.


 Ce médaillon aurait donc été offert à un de mes ancêtres.


Avez vous connaissance de l'existence de ce gros médaillon d'un poids d'environ 3 Kg ?


  Dommage , je n'arrive pas à mettre une photo sur ce post.


 


     Sincères salutations       


 

Francesco 03/02/2010 23:46


Non je ne connais pas et je te remercie de ces appétissantes précisions.

Je contacterais immédiatement mon agence de voyages si j'en avais une. Qui a encore aujourd'hui "son agence de voyages" ? Je me rappelle que mes grands parents organisaient toujours de cette
manière leurs périples autour du monde, avec la même jeune femme de l'agence, que mon grand père trouvait fort à son goût. J'imagine que c'est typiquement le type de luxe qui n'est plus à la portée
de la classe moyenne aujourd'hui. :-( Ou alors tout est de la faute d'internet ?


Tom Peeping 03/02/2010 23:24


J'espère que vous avez fait le voyage à Farnborough, UK où l'Impératrice, son mari et le petit Prince reposent dans la crypte de la petite chapelle néo-gothique de l'abbaye de St Michel. C'est
d'ailleurs elle qui a la place d'honneur, de face, juste au-dessus de l'autel. Lorsque j'y suis allé, un hiver d'il y a une douzaine d'années, l'endroit était lugubre comme un décor de la Hammer et
j'ai du sonner un carillon à la porte d'entrée pour qu'on vienne m'ouvrir. Le moine qui m'a accompagné dans ma visite m'a proposé de me montrer des choses après le recueillement. C'est ainsi que
j'ai pu voir (et même toucher) la robe de mariée d'Eugénie, une des sagaies qui scella le sort du Prince, un album de photos de famille et autres souvenirs impériaux : tout cela est conservé dans
la sacristie de la chapelle.

A une vingtaine de kilomètres se trouve Windsor et juste après Eugénie, c'est à Victoria qu'on peut aller rendre hommage. C'est un voyage qui vaut le coup pour qui, comme vous, aime le sang bleu.


Le Vidame des eaux 03/02/2010 19:50


Oui, mais allez-vous à Spa sur les traces de madame de Genlis et de la reine Marie-Henriette ?


Éléonore de Gramont 03/02/2010 17:47


Oh, c'est bien simple, moi je ne vais plus à Biarritz ni aux Eaux-Bonnes depuis que l'impératrice n'y paraît plus. De toute façon maintenant Biarritz c'est moche, et les Eaux-Bonnes c'est mort.