Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 10:38

Obsédés des listes, cet article est pour vous. Il n’y a pas grand
monde en mesure d’y trouver le moindre intérêt, mais je me rappelle
encore mon émotion en découvrant que ces « choses » existaient. Et puis ça bloquera la publicité le temps que je retrouve quelque d'intéressant à   dire.
   
Voici donc pour les années 1932-1971 le bilan de mes dernières années de
visionnages. Après la date vient d’abord la liste des actrices nommées
par l’Académie, premier puis second rôle, et ensuite la mienne. En
 premier lieu les victorieuses. Pour le reste ett la suite allez voir chez mon voisin Orfeo.

1932 :
Helen Hayes pour La faute de Madelon Claudet
Lyn Fontane pour The Guardsman
Marie Dressler pour Emma

Pas d’actrice dans un rôle secondaire

Kay Francis pour Cynara et Voyage sans retour
Lyn Fontane pour The Guardsman
Marion Davies Blondie of Follies
Clara Bow pour La fille de feu
Jeanette McDonald pour Une heure près de toi/Aimez-moi ce soir

Joan Crawford pour Grand Hôtel
Bette Davis pour Ombres vers le sud
Diana Wynyard pour Raspoutine et sa cour
Myrna Loy pour Le Masque d’Or/Aimez-moi ce soir
Bessie Love pour Blondie of Follies

1933

Katharine Hepburn pour Matin de gloire
May Robson pour Grande dame d’un jour
Diana Wynyard pour Cavalcade

Pas d’actrice dans un rôle secondaire

Kay Francis pour Haute Pègre
Miriam Hopkins pour The Story of Temple Drake
Helen Hayes pour L’Adieu aux armes
Loretta Young Rose de Minuit
Mary Pickford pour Secrets
Runner – Up : Diana Wynyard pour Cavalcade

Marie Dressler pour Diner at height
Elsa Lanchester pour La Vie privée d’Henri VIII
Jean Harlow pour Diner at height
Laura Hope Crew pour The Silver Cord
Mary Astor pour La Belle de Saïgon

1934
Claudette Colbert pour New-York-Miami
Norma Shearer pour Les Barrett de Wimpole Street
Grace Moore pour One night of love
(Bette Davis pour L’Emprise)
(Myrna Loy pour L’Introuvable) Pas vu.

Pas d’actrice dans un rôle secondaire

Carole Lombard pour Train de luxe
Miriam Hopkins La Fille la plus riche du monde
Greta Garbo pour le voile des illusions
Jeanette Mac Donald pour La Veuve joyeuse
Margaret Sullavan pour Et demain ?

Constance Bennett pour Les affaires de Cellini
Louise Dressler pour L’Impératrice rouge
Una Merkel pour La Veuve joyeuse
Mary Boland pour Stingaree
Fay Wray pour Les Affaires de Cellini

1935
Bette Davis pour l’Intruse
Claudette Colbert pour Mondes privés (pas vu)
Katharine Hepburn pour Désirs secrets
Miriam Hopkins pour Becky Sharp
Merle Oberon pour L’Ange des Ténèbres
Elisabeth Bergner Escape me never

Pas d’actrice dans un role secondaire

Katharine Hepburn pour Désirs secrets
Ann Harding pour Peter Ibetson
Miriam Hopkins pour Becky Sharp
Merle Oberon pour L’Ange des Ténèbres
Elisabeth Bergner Escape me never

Françoise Rosay pour La Kermesse héroïque
Hattie MacDaniel pour Alice Adams
Maureen O’Sullivan pour David Copperfield
Edna May Olivier pour David Copperfield
Ginger Rogers pour Roberta

1936
Luise Rainer pour Le Grand Ziegfield
Norma Shearer pour Romeo et Juliette
Carole Lombard pour Mon homme Godfrey
Irene Dunne pour Theodora devient folle
Gladys George pour Valiant is the word for Carrie

Gale Sondergard pour Anthony Adverse
Alice Brady pour Mon homme Godfrey
Beulah Bondi pour L’Enchanteresse
Bonita Granville pour Il était trois
Maria Ouspenskaya pour Dodsworth


Irene Dunne pour Théodora devient folle
Madeleine Carroll pour Le Général est mort à l’aube
Norma Shearer pour Romeo et Juliette
Ruth Chatterton pour Dodworth
Rosalind Russell pour L’Obsession de Mrs Craig

Bonita Granville pour Ils étaient trois
Luise Rainer pour Le Grand Ziegfield
Mary Astor pour Dodworth
Alice Brady pour My Man Godfrey
Gaale Sondergard pour Anthony Adverse

1937
Luise Rainer pour Visages d’orient
Greta Garbo pour Le Roman de Marguerite Gautiers
Irene Dunne pour Cette sacrée vérité
Barbara Stanwyck pour Stella Dallas
Janet Gaynor pour Une étoile est née

Alice Brady pour In Old Chicago
Andrea Leeds  pour Stage Door
Anne Shirley pour Stella Dallas
Claire Trevor pour La rue Sans issue
Dame May Whitty pour Night Must Fall

Greta Garbo pour Le Roman de Marguerite Gautiers
Jean Arthur pour Le Destin se joue la nuit/Easy Leaving
Luise Rainer pour Visages d’orient
Irene Dunne pour Cette sacrée vérité
Anna Neagle pour Victoria, the great
Runner – Up : Katharine Hepburn pour Quality Street – Kay Francis pour
Confession

Madeleine Carroll pour Le Prisonnier de Zenda
Maria Ouspenskaïa pour Marie Walenska
Dame May Whity pour Night must fall
Andrea Leeds pour Pension d’artistes
Alice Brady pour Chicago

1938

Bette Davis pour L’Insoumise
Fay Bainter pour White Banners
Norma Shearer pour Marie-Antoinette
Margaret Sullavan pour Trois camarades
Wendy Hiller pour Pygmalion

Fay Bainter pour L’Insoumise
Beulah Bondi pour Of Human Hearts
Billie Burke pour Madame et son chauffeur (pas vu)
Spring Byington pour Vous ne l’emporterez pas avec vous
Miliza Korjus pour Toute la ville danse

Norma Shearer pour Marie-Antoinette
Margaret Sullavan pour Trois camarades
Wendy Hiller pour Pygmalion
Bette Davis pour L’Insoumise
Alice Faye pour La Folle parade
Runner – Up : Luise Rainer pour Frou-Frou – Katharine Hepburn pour
L’Impossible Monsieur Bébé

Spring Byington pour Vous ne l’emporterez pas avec vous
Louise Rainer pour Toute la ville danse
Fay Bainter pour L’Enchanteresse/L’Insoumise
Olivia de Havilland pour Robin des Bois
Milija Korjuz pour Toute la ville danse

1939
Vivien Leigh pour Autant en emporte le vent
Bette Davis pour Victoire sur la nuit
Irene Dunne Elle et lui
Greta Garbo pour Ninotchka
Greer Garson pour Au revoir Mr. Chips

Hattie McDaniel pour Autant en emporte le vent
Edna May Oliver pour Sur la piste des Mohawks
Olivia de Havilland Autant en emporte le vent
Maria Ouspenskaya pour dans Elle et lui
Geraldine Fitzgerald pour Les Hauts de Hurlevent


Vivien Leight pour Autant en emporte le vent
Bette Davis pour Victoire sur la nuit
Marianne Hoppe pour La Chair est faible
Claudette Colbert pour La Baronne de Minuit
Merle Oberon pour Les Hauts du Hurlevent
Runner-Up : Marlene Dietrich pour Femme ou démon

Rosalind Russell pour Femmes
Bette Davis pour Juarez
Olivia de Havilland pour Autant en emporte le vent
Kay Francis pour L’Autre
Joan Fontaine pour Femmes
Runner – Up : Geraldine Fitzgerald pour Les Hauts du Hurlevent et
Greer Garson pour Adieu, Mr. Chips

1940
Ginger Rogers pour Kitty Foyle
Bette Davis pour La Lettre
Joan Fontaine pour Rebecca
Katharine Hepburn Indiscrétions
Martha Scott Une petite ville sans histoire

Jane Darwell Les Raisins de la colère
Barbara O'Neil pour L'Étrangère
Marjorie Rambeau pour Primrose Path
Judith Anderson pour Rebecca
Ruth Hussey pour Indiscrétions


Rosalind Russell pour La Dame du vendredi
Joan Fontaine pour Rebecca
Bette Davis pour La Lettre
Joan Crawford pour Susan et ses idées
Greer Garson pour Orgueil et préjugé
Runner-Up : Margaret Sullavan pour Rendez-vous et Alice Faye pour
Lilian Harvey et Little Old New-York

Judith Anderson pour Rebecca
Dorothy Lamour pour Johnny Appolo
Lucille Ball pour Girls, dance, girls
Mary Bolland pour Orgueil et préjugé
Barbara O’Neil pour L’Etrangère

1941
Joan Fontaine pour Soupçons
Bette Davis pour La Vipère
Greer Garson pour Les Oubliés
Olivia de Havilland Par la porte d'or
Barbara Stanwyck Boule de feu

Mary Astor pour Le Grand Mensonge
Sara Allgood pour Qu'elle était verte ma vallée
Margaret Wycherly pour Sergent York
Patricia Collinge pour La Vipère
Teresa Wright pour La Vipère


Olivia de Havilland pour Par la porte d’or
Heddy Lamarr pour H.M. Pushlam Esquire
Lana Turner pour La Danseuse des Folies Ziegfields
Zarah Leander pour Le Chemin de la liberté
Marlene Dietrich pour La Belle Ensorceleuse
Runner-Up : Bette Davis pour La Vipère

Edna May Olivier pour Lydia
Mary Astor pour Le Grand Mensonge
Patricia Collinge pour La Vipère
Susan Hayward pour La Famille Stoddard
Ingrid Bergman pour Docteur Jeckyll et Mister Hyde

1942
Greer Garson pour Madame Miniver
Bette Davis pour Une femme cherche son destin
Katharine Hepburn pour La Femme de l'année
Rosalind Russell pour Ma sœur est capricieuse
Teresa Wright pour Vainqueur du destin

Teresa Wright pour Madame Miniver
Dame May Whitty pour Madame Miniver
Gladys Cooper pour Une femme cherche son destin
Susan Peters pour Prisonniers du passé
Agnes Moorehead pour La Splendeur des Amberson


Norma Shearer pour Her Corboard lover
Lucille Ball pour La Poupée brisée
Veronika Lake pour Les Voyages de Sullavan/Tueurs à gage
Greer Garson pour Prisonniers du passé
Ginger Rogers pour Roxie Hart

Agnes Moorehead pour La Splendeur des Amberson
Mary Astor pour Madame et ses flirts
Nancy Coleman pour Crimes sans chatiment
Lana Turner pour Johnny Eager
Gladys Cooper pour Now, voyagers

1943
Jennifer Jones pour Le Chant de Bernadette
Jean Arthur pour Plus on est de fous
Ingrid Bergman pour Pour qui sonne le glas
Joan Fontaine pour Tessa, la nymphe au cœur fidèle
Greer Garson pour Madame Curie

Katína Paxinoú pour Pour qui sonne le glas
Paulette Goddard pour Les Anges de miséricorde
Gladys Cooper pour Le Chant de Bernadette
Anne Revere pour Le Chant de Bernadette
Lucile Watson pour Quand le jour viendra

Jean Arthur pour Plus on est de fous
Joan Fontaine pour Tessa, la nymphe au cœur fidèle
Jennifer Jones pour Le Chant de Bernadette
Dorothy MacGuire pour Claudia
Marianne Hoppe pour Lumière dans la nuit

Miriam Hopkins pour L’Impossible amour
Gene Tierney pour Le Ciel peut attendre
Paulette Goddard pour Les Anges de la miséricorde
Gladys Cooper pour Le Chant de Bernadette
Marguerite Moreno pour Douce
Runner-Up : Joan Bennett pour Margin for Error

1944
Ingrid Bergman pour Hantise
Bette Davis pour Femme aimée est toujours jolie
Claudette Colbert pour Depuis ton départ
Greer Garson pour Madame Parkington
Barbara Stanwyck pour Assurance sur la mort

Ethel Barrymore pour Rien qu'un cœur solitaire
Aline MacMahon pour Les Fils du dragon
Angela Lansbury pour Hantise
Agnes Moorehead pour Madame Parkington
Jennifer Jones pour Depuis ton départ

Ingrid Bergman pour Hantise
Irene Dunne pour Together Again/Les Blanches Falaises de Douvre
Bette Davis pour Femme aimée et toujours jolie
Claudette Colbert pour Depuis que tu es parti
Barbara Stanwyck pour Assurance sur la mort
Runner – Up : Greer Garson pour Mrs Parkington

Angela Lansbury pour Hantise
Agnes Moorehead pour Mrs Parkington/Le Fils du dragon
Margaret O’Brien pour Le Chant du Missouri
Gladys Cooper pour Mrs Parkington/Les blanches falaises de Douvre
Aline MacMahon pour Les Fils du dragon

1945
Joan Crawford pour Le Roman de Mildred Pierce
Ingrid Bergman pour Les Cloches de Sainte-Marie
Greer Garson pour La Vallée du jugement
Jennifer Jones pour Le Poids d'un mensonge
Gene Tierney pour Péché mortel

Anne Revere pour Le Grand National
Eve Arden pour Le Roman de Mildred Pierce
Ann Blyth pour Le Roman de Mildred Pierce
Joan Lorring pour Le blé est vert
Angela Lansbury pour Le Portrait de Dorian Gray

Wendy Hiller pour Je sais où je vais
Margaret Lockwood pour Le Masque aux yeux verts
Joan Bennett pour La Rue Rouge
Joan Crawford pour Le Roman de Mildred Pierce
Tallulah Bankhead pour Scandale à la cour

Runner-Up : Paulette Goddard pour La Duchesse des Bas-Fonds ; Arletty
pour les Enfants du Paradis ; Merle Oberon pour La Chanson du Souvenir

Constance Collier pour La Duchesse des Bas Fonds
Alice Faye pour Crimes passionnels
Linda Darnell pour Crimes passionnels
Jane Wyman pour Le Poison
Ann Blyth pour Mildred Pierce

1946
Olivia de Havilland pour À chacun son destin
Celia Johnson pour Brève Rencontre
Jennifer Jones pour Duel au soleil
Rosalind Russell pour Sister Kenny
Jane Wyman pour Jody et le Faon

Anne Baxter pour Le Fil du rasoir
Gale Sondergaard pour Anna et le Roi de Siam
Lillian Gish pour Duel au soleil
Flora Robson pour L'Intrigante de Saratoga
Ethel Barrymore pour Deux mains, la nuit


Dorothy MacGuire pour Deux mains, la nuit
Gene Tierney pour Le Fil du rasoir
Hedy Lamarr pour Le démon de la chair
Merle Oberon Tentation
Dolores Del Rio pour La Otra
Runner-Up : Jean Decoy pour La Rapace et Olivia de Havilland pour A
Chacun son destin

Judith Anderson pour Journal d’une femme de chambre
Lilian Gish pour Duel au soleil
Ethel Barrymore pour Deux mains la nuit
Lizabeth Scott pour L’Emprise du crime
Anne Baxter pour Le Fil du rasoir
Runner – Up : Jane Wyman pour Jody et le faon


1947
Loretta Young pour Ma femme est un grand homme
Rosalind Russell pour Le deuil sied à Electre
Joan Crawford pour La Possédée
Susan Hayward pour Une vie perdue
Dorothy McGuire pour Le mur invisible

Celeste Holm pour Le Mur invisible
Gloria Grahame pour Feux croisés
Anne Revere pour Le Mur invisible
Marjorie Main pour L'Œuf et moi
Ethel Barrymore pour Le Procès Paradine

Jane Greer pour La Griffe du passé
Joan Fontaine pour Ivy
Loretta Young pour Ma Femme est un grand homme
Susan Hayward pour Une vie perdue
Joan Bennett pour L’Affaire Macomber
Runner-Up : Betty Grable pour Maman était New-Look et Rosalind Russell
pour Le Deuil sied à Electre


Ethel Barrymore pour Ma Femme est un grand homme/Le Procès Paradine
Katina Paxinou pour Le Deuil sied à Electre/L’Oncle Silas
Eve Arden pour Schéhérazade
Angela Lansbury pour Bel-Ami
Audrey Totter pour La Dame du lac

1948
Jane Wyman pour Johnny Belinda
Irene Dunne pour Tendresse
Ingrid Bergman pour Jeanne d’Arc
Barbara Stanwyck pour Raccrochez, c’est une erreur
Olivia de Havilland pour la Fosse aux serpents

Claire Trevor pour Key Largo
Jean Simmons pour Hamlet
Barbara Bel Geddes pour Tendresse
Ellen Corby pour Tendresse
Agnes Moorehead pour Johnny Belinda

Jane Wyman pour Johnny Belinda
Irene Dunne pour Tendresse
Olivia de Havilland pour La Fosse aux serpents
Jean Arthur La Scandaleuse de Berlin
Rosalind Russell pour Quand le rideau tombe
Runner – Up : Joan Fontaine pour Lettre d’une inconnue

Jean Simmons pour Hamlet
Lana Turner pour Les Trois Mousquetaires
Barbara Bel Geddes pour Tendresse
Ellen Corby pour Tendresse
 Claire Trevor pour Key Largo

1949
Olivia de Havilland pour L’Héritière
Deborah Kerr pour Edward, mon fils
Loretta Young pour Les Sœurs Casse-cou
Susan Hayward pour Tête folle
Jeanne Crain pour L’héritage de la chair

Mercedes McCambridge pour Les Fous du roi
Celeste Holm pour Les Sœurs casse-cou
Elsa Lanchester pour Les Sœurs casse-cou
Ethel Barrymore pour L'Héritage de la chair
Ethel Waters pour L'Héritage de la chair


Joan Bennett pour Les Désemparés
Olivia de Havilland pour L’Héritière
Loretta Young Les Sœurs Casse-Cou
June Allyson pour Les Quatre filles du docteur Marsh
Lizabeth Scott pour La Tigresse
Runner – Up : Susan Hayward pour Tête folle

Linda Darnell pour Chaines conjugales
Thelma Ritter pour Chaines conjugales
Maria Montez pour Hans le Marin
Madeleine Carroll pour The Fan
Celeste Holm pour Les Soeurs casse-cou

1950
Judy Holliday dans Comment l’esprit vient aux femmes
Bette Davis dans Eve
Anne Baxter dans Eve
Gloria Swanson dans Boulevard du Crépuscule
Eleanor Parker dans Femmes en cage

Josephine Hull pour Harvey
Celeste Holm pour Ève
Thelma Ritter pour Ève
Hope Emerson pour Femmes en cage
Nancy Olson pour Boulevard du crépuscule


Bette Davis pour Eve
Jane Wyman pour La Ménagerie de verre
Eleanor Parker pour Femmes en cage
Faith Domergue pour Voyage sans retour
Barbara Stanwyck pour Chaines du destin
Runner-Up : Betty Hutton pour Annie Get your Gun


Josephine Hull pour Harvey
Judith Anderson pour The Furies
Ann Dvorak pour Ma vie à moi
Patricia Neal Secrets de femmes/Le roi du Tabac
Hope Homerson pour Femmes en cage

1951
Vivien Leigh pour Un tramway nommé désir
Jane Wyman pour la Femme au voile bleu
Eleanor Parker pour Histoire de détective
Shelley Winters pour Une Place au soleil
Katharine Hepburn pour La Reine Africaine

Kim Hunter pour Un tramway nommé Désir
Mildred Dunnock pour Mort d'un commis voyageur (pas vu)
Lee Grant pour Histoire de détective
Joan Blondell pour La Femme au voile bleu
Thelma Ritter pour La Mère du marié


Vivien Leight pour Un Tramway nommé désir
Thelma Ritter pour La Mère du marié/Agence Cupidon
Jeanne Crain pour On murmure dans la ville
Edwige Feuillère pour Olivia
Irene Dunne pour Le Moineau sur la Tamise
Runner – Up / Gene Tierney pour La Mère du marié

Eleanor Parker pour Histoire de détective
Shelley Winters pour Une Place au soleil
Kim Hunter pour Un Tramway nommé désir
Betty Stockfeld pour Edouard et Caroline
Elina Labourdette pour Edouard et Caroline

1952
Shirley Booth pour Reviens, petite Shebah
Joan Crawford pour Le masque arraché
Bette Davis pour The Star
Julie Harris pour The Member of the Wedding
Susan Hayward pour Un refrain dans mon coeur

Gloria Grahame pour le rôle Les Ensorcelés
Terry Moore pour Reviens petite Sheba
Colette Marchand pour Moulin rouge
Jean Hagen pour Chantons sous la pluie
Thelma Ritter pour Un refrain dans mon cœur


Shirley Booth pour Reviens, petite Shebah
Joan Crawford pour Le Masque arraché
Lana Turner pour Les Ensorcelés
Judy Holliday pour Je retourne chez maman
Betty Hutton pour Sous le plus grand chapiteau du monde
Runner-Up : Susan Hayward pour With a song in my heart

Jean Hagen pour Chantons sous la pluie*
Gloria Grahame pour Le Masque arraché/Sous le plus grand chapiteau du
monde/Les Ensorcelés
Katy Jurado pour Le Train sifflera trois fois
Colette Marchand pour Moulin-Rouge
Miriam Hopkins pour Un amour désespéré

1953
Audrey Hepburn pour Vacances Romaines
Maggie McManara pour La lune était bleue
Leslie Carron pour Lili
Ava Gardner pour Mogambo
Deborah Kerr pour Tant qu’il y aura des hommes

Donna Reed pour Tant qu'il y aura des hommes
Geraldine Page pour Hondo, l'homme du désert
Grace Kelly pour Mogambo
Thelma Ritter pour Le Port de la drogue
Marjorie Rambeau pour La Madone gitane


Jennifer Jones pour Plus fort que le diable
Jane Russell pour Les Hommes préfèrent les blondes
Anna Magnani pour Le Carrosse d’Or
Kathryn Grayson pour Embrasse-moi chérie
Leslie Carron pour Lili
Runner – Up : Marilyn Monroe pour les Hommes préfèrent les Blondes

Grace Kelly pour Mogambo*
Jean Arthur pour Shane
Geraldine Page pour Hondo*
Deborah Kerr pour Tant qu’il y aura des hommes
Gloria Grahame pour Règlements de compte

1954
Grace Kelly pour Une fille de la province
Judy Garland pour Une étoile est née
Dorothy Dandrige pour Carmen Jones
Jane Wyman pour Le Secret Magnifique
Audrey Hepburn pour Sabrina

Eva Marie Saint pour Sur les quais
Katy Jurado pour La Lance brisée
Nina Foch pour Tour des ambitieux
Jan Sterling pour Écrit dans le ciel
Claire Trevor pour Écrit dans le ciel


Daniele Darrieux pour Madame de …
Grace Kelly pour Une fille de la province
Judy Garland pour Une étoile est née
Dorothy Dandrige pour Carmen Jones
Jane Wyman pour Le Secret Magnifique

Merle Oberon pour Désirée
Barbara Stanwyck pour La Tour des ambitieux
Claudette Colbert pour Si Versailles m’était compté
Nina Foch pour La Tour des ambitieux*
June Allyson pour La Tour des ambitieux/Le Monde appartient aux femmes
Runner – Up : Bella Darvi pour Sinoué l’Egyptien

1955
Anna Magnani pour La Rose tatouée
Susan Hayward pour Une Femme en enfer
Eleanor Parker pour Mélodie interrompue
Katharine Hepburn pour Vacances à Venise
Jennifer Jones pour La colline de l’adieu

Jo Van Fleet pour le rôle de Kate dans À l'est d'Éden (East of Eden)
Betsy Blair pour le rôle de Clara Snyder dans Marty
Peggy Lee pour le rôle de Rose Hopkins dans Le Gang du blues (Pete
Kelly's Blues)
Natalie Wood pour le rôle de Judy dans La Fureur de vivre (Rebel
Without a Cause)
Marisa Pavan pour le rôle de Rosa Delle Rose dans La Rose tatouée


Susan Hayward pour Une Femme en enfer
Sylvana Mangano pour Ulysse
Doris Day pour Les Pièges de la passion
Eleanor Parker pour Mélodie interrompue
Viviane Romance pour L’Affaire des poisons
Runner – Up : Anna Magnani pour La Rose tatouée – Katharine Hepburn
pour Vacances à Venise – Jean Simmons pour Blanches colombes et
vilains messieurs


Jo Van Fleet pour Une femme en enfer
Marisa Pavan pour Diane de Poitier
Rosalind Russell pour Picnic
Gloria Grahame pour Oklahoma !
Danielle Darrieux l’Affaire des poisons

1956
Ingrid Bergman pour Anastasia
Nancy Kelly pour La Mauvaise graine
Carroll Baker pour Baby Doll
Katharine Hepburn pour Le Faiseur de pluie
Deborah Kerr pour Le Roi et moi

Dorothy Malone pour Écrit sur du vent
Mildred Dunnock pour Baby Doll
Mercedes McCambridge pour Géant
Eileen Heckart pour La Mauvaise Graine
Patty McCormack pour La Mauvaise Graine


Dorothy MacGuire pour La loi du Seigneur
Marilyn Monroe pour Arrêt d’Autobus
Nancy Kelly pour La Mauvaise graine
Maria Schell pour Gervaise
Carroll Baker pour Baby Doll
Runner – Up : Ingrid Bergman pour Anastasia – Deborah Kerr pour Le Roi
et moi – Jennifer Jones pour l’Homme au complet gris

Helen Hayes pour Anastasia
Patty MacCornak pour La Mauvaise graine
Eileen Heckart pour La Mauvaise graine
Anne Baxter pour Les Dix Commandements
Marie Windsor pour L’Ultime Razzia

1957
Joanne Woodward pour Les Trois visages d’Eve
Deborah Kerr pour Dieu seul le sait
Anna Magnani pour Car sauvage est le vent
Elisabeth Taylor pour L’Arbre de vie
Lana Turner pour Les plaisirs de l’enfer

Miyoshi Umeki pour Sayonara
Hope Lange pour Les Plaisirs de l'enfer
Diane Varsi pour Les Plaisirs de l'enfer
Carolyn Jones pour La Nuit des maris (pas vu)
Elsa Lanchester pour Témoin à charge

Deborah Kerr pour Dieu seul le sait
Audrey Hepburn pour Ariane
Marilyn Monroe pour Le Prince et la danseuse
Anna Magnani pour Car sauvage est le vent
Marlene Dietrich pour Témoin à charge

Elsa Lanchester pour Témoin à charge
Kay Kendall pour Les Girls
Jayne Mansfield pour Le Cambrioleur
Hope Lange pour Les Plaisirs de l’enfer
Diane Varsi pour Les Plaisirs de l’enfer

1958
Susan Hayward pour Je veux vivre
Rosalind Russell pour Ma Tante
Deborah Kerr pour Tables séparées
Shirley McLaine pour Comme un torrent
Elisabeth Taylor pour La Chatte sur un toit brûlant

Wendy Hiller pour Tables séparées
Peggy Cass pour Ma tante
Maureen Stapleton pour Cœurs brisés  (pas vu)
Martha Hyer pour Comme un torrent
Cara Williams pour La Chaîne (pas vu)


Jean Simmons pour Retour à l’aube
Rosalind Russell pour Ma Tante
Kim Novak pour Sueurs Froides
Shirley Booth pour La Meneuse de jeu
Maria Schell pour Une vie
Runner – Up : Susan Hayward pour Je veux vivre – Kim Stanley pour The Goddess

Wendy Hiller pour Tables séparées
Rita Hayworth pour Tables séparées
Hermione Gingold pour Gigi
Peggy Cass pour Ma Tante
Joan Collins pour La Brune brûlante
Runner-Up : Gladys Cooper pour Tables séparées

1959

Simone Signoret pour Les Chemins de la haute ville
Audrey Hepburn pour Au risque de se perdre
Elisabeth Taylor pour Soudain l’été dernier
Katharine Hepburn pour Soudain l’été dernier
Doris Day pour Confidences sur l’oreiller

Shelley Winters pour Le Journal d'Anne Frank
Susan Kohner pour Mirage de la vie
Juanita Moore pour Mirage de la vie
Thelma Ritter pour Confidences sur l'oreiller
Hermione Baddeley pour Les Chemins de la haute ville

Simone Signoret pour Les Chemins de la haute ville
Audrey Hepburn pour Au risque de se perdre
Elisabeth Taylor pour Soudain l’été dernier
Katharine Hepburn pour Soudain l’été dernier
Doris Day pour Confidences sur l’oreiller

Susan Kohner pour Le Mirage de la vie
Juanita Moore pour Le Mirage de la vie
Constance Ford pour Ils n’ont que 20 ans
Mildred Dunnock pour Du Sang en première page
Lee Remick pour Autopsie d’un meurtre

Runner – Up : Rita Hayworth pour Du Sang en première page – Joan
Crawford pour The Best of everything

1960
Elisabeth Taylor la Vénus au vison
Greer Garson pour Sunrise at Campobello
Melina Mercouri pour Jamais le dimanche
Shirley MacLaine pour La Garçonnière
Deborah Kerr pour Horizons sans frontière

Shirley Jones pour Elmer Gantry le charlatan
Janet Leigh pour Psychose
Mary Ure pour Amants et Fils
Shirley Knight pour The Dark at the Top of the Stairs (pas vu)
Glynis Johns pour Horizons sans frontières


Greer Garson pour Sunrise at Campobello
Doris Day pour Piège à Minuit
Shirley MacLaine pour La Garçonnière
Sophia Loren pour La Diablesse aux collants roses
Deborah Kerr pour Horizons sans frontière
Runner – Up : Joanne Woodward pour From the terrasse

Geneviève Page pour Le bal des adieux
Janis Paige pour Ne mangez pas les marguerites
Paula Prentiss pour Les Folles filles d’Eve
Shirley Jones pour Elmer Gantry
Lilian Gish pour Le Vent sur la plaine
Runner – Up : Mirna Loy pour From the terrasse

1961
Sophia Loren La Ciociora
Geraldine Page pour Ete et fumée
Audrey Hepburn pour Diamants sur canapé
Natalie Wood pour Splendor in the grass
Piper Laurie pour L’Arnaqueur

Rita Moreno pour West Side Story
Judy Garland pour Jugement à Nuremberg
Una Merkel pour Été et Fumées
Fay Bainter pour La Rumeur
Lotte Lenya pour Le Visage du plaisir


Geraldine Page pour Ete et fumée
Shirley MacLaine pour La Rumeur
Sophia Loren La Ciociora
Natalie Wood pour Splendor in the grass
Piper Laurie pour L’Arnaqueur
Runner – up : Deborah Kerr pour Les Innocents – Vivien Leigh pour Le
Visage du plaisir – Ingrid Bergman pour Aimez-vous Brahms ?

Mary Astor pour Les Lauriers sont coupés
Fay Fainter pour La Rumeur
Angela Lansbury pour Sous le ciel bleu d’Hawaï
Vera Miles pour Histoire d’un amour
Lotte Lenya pour Le Visage du plaisir


1962
Anne Bancroft pour Miracle en Alabama
Katharine Hepburn pour Long voyage du jour à la nuit
Bette Davis pour Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?
Geraldine Page pour Doux oiseau de la jeunesse
Lee Remick pour Le jour du vin et des roses

Patty Duke pour Miracle en Alabama
Thelma Ritter pour Le Prisonnier d'Alcatraz
Shirley Knight pour Doux oiseau de jeunesse
Angela Lansbury pour Un crime dans la tête
Mary Badham pour Du silence et des ombres


Anne Bancroft pour Miracle en Alabama
Katharine Hepburn pour Long voyage du jour à la nuit
Jennifer Jones pour Tendre est la nuit
Geraldine Page pour Doux oiseau de la jeunesse
Melina Mercouri Phaedra
Runner – Up : Lee Remick pour Le jour du vin et des roses – Joan
Crawford pour Qu’est-il arrivé à Baby-Jane ? – Bette Davis pour
Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?


Angela Lansbury pour Un Crime dans la tête
Romy Schneider pour Boccace 70
Shelley Winters pour Lolita
Claire Bloom pour Liaisons coupables
Hildegard Knef pour Les Liaisons douteuses

Runner-Up : Patty Duke pour Miracle en Alabama
 1963
Patricia Neal pour Le Plus sauvage d’entre tous
Leslie Caron pour La Chambre indiscrète
Shirley MacLaine pour Irma la Douce
Rachel Roberts pour Le Prix d’un homme
Natalie Wood pour Une certaine rencontre

Margaret Rutherford pour Hôtel international
Lilia Skala pour Le Lys des champs
Diane Cilento pour Tom Jones
Edith Evans pour Tom Jones
Joyce Redman pour Tom Jones


Jean Simmons pour All the way home
Julie Harris pour La Maison du diable
Gina Lollobrigida pour Vénus Impériale
Leslie Caron pour La Chambre indiscrète
Rachel Roberts pour Le prix d’un homme

Gina Lollobrigida pour La Mer à boire
Margaret Rutherford pour Hotel International
Joan Greenwood pour Tom Jones
Wendy Hiller pour Le Tumulte
Patricia Neal pour Le Plus sauvage d’entre tous

1964
Julie Andrews pour Mary Poppins
Kim Stanley pour le Rideau de brume
Anne Bancroft pour Le Mangeur de citrouille
Sophia Loren pour Mariage à l’italienne
Deborah Kerr pour Mystère sur la falaise
Debbie Reynolds pour La Reine du Colorado

Lila Kedrova pour Zorba le Grec
Agnes Moorehead pour Chut... chut, chère Charlotte
Gladys Cooper pour My Fair Lady
Edith Evans pour Mystère sur la falaise
Grayson Hall pour La Nuit de l'iguane


Kim Stanley pour le Rideau de brume
Anne Bancroft pour Le Mangeur de citrouille
Kim Novak pour L’Ange Pervers
Deborah Kerr pour Mystère sur la falaise
Debbie Reynolds pour Molly Brown/Au revoir Charlie

Kim Novak pour Embrasse-moi idiot
Grayson Hall pour La Nuit de l’iguane
Edith Evans pour Mystère sur la falaise
Agnes Moorehead pour Chut, chut, chère Charlotte
Lila Kedrova pour Zorba le grec

1965

Julie Andrews pour La Mélodie du bonheur
Elizabeth Hartman pour A Patch of blue
Samantha Eggar pour Le Collectionneur
Julie Christie dans pour Darling
Simone Signoret pour La Nef des fous

Shelley Winters pour Un coin de ciel bleu
Ruth Gordon pour Daisy Clover
Joyce Redman pour Othello
Maggie Smith pour Othello
Peggy Wood pour La Mélodie du bonheur


Julie Andrews pour La Mélodie du bonheur
Elizabeth Hartman pour A Patch of blue
Samantha Eggar pour Le Collectionneur
Julie Christie dans pour Darling
Carroll Baker pour Harlow la blonde platine

Maggie Smith pour Othello
Simone Signoret pour La Nef des fous
Ginger Rogers pour Harlow
Vivien Leight pour La Nef des fous
Eleanor Parker La Mélodie du Bonheur

1966

Elizabeth Taylor Qui a peur de Virginia Woolf ?
Vanessa Redgrave pour Morgan, un cas clinique
Lynn Redgrave Georgy Girl
Anouck Aimée pour Un Homme, une femme
Ida Kaminska pour The Shop on Main Street

Sandy Dennis pour Qui a peur de Virginia Woolf ?
Wendy Hiller pour Un homme pour l'éternité
Vivien Merchant pour Alfie le dragueur
Jocelyne LaGarde pour Hawaï
Geraldine Page pour Big Boy



Elizabeth Taylor Qui a peur de Virginia Woolf ?
Lana Turner Madame X
Lynn Redgrave Georgy Girl
Natalie Wood pour Propriété interdite
Ida Kaminska pour The Shop on Main Street



Sandy Dennis pour Qui a peur de Virginia Woolf ?
Betty Field pour Frontières chinoises
Jocelyne Lagarde pour Hawaii
Shelley Winters pour Alfie
Constance Bennett pour Madame X

1967
Katharine Hepburn dans Devine qui vient dîner ?
Anne Bancroft pour Le Lauréat
Faye Dunaway pour Bonnie and Clyde
Edith Evans pour Les Chuchoteurs
Audrey Hepburn pour Seule dans la nuit

Estelle Parsons pour Bonnie and Clyde
Mildred Natwick pour Pieds nus dans le parc
Beah Richards Devine qui vient dîner ?
Katharine Ross pour Le Lauréat
Carol Channing pour Millie


Edith Evans Les Chuchoteurs
Audrey Hepburn pour Voyage à deux
Elizabeth Taylor pour La Mégère apprivoisée
Katharine Hepburn pour Devine qui vient dîner ?
Vanessa Redgrave pour Camelot


Susan Hayward pour Guépier pour trois abeilles/La Vallée des poupées
Capucine pour Guépier pour trois abeilles
Geraldine Page pour The Happiest Millionnaire
Carol Channing pour Millie
Anne Bancroft pour Le Lauréat

1968
Katharine Hepburn pour Un lion en hiver
Barbra Streisand pour Funny Girl
Vanessa Redgrave pour Isadora
Joanne Woodward pour Rachel, Rachel
Patricia Neal pour The Subject was rose

Ruth Gordon pour Rosemary's Baby
Lynn Carlin pour dans Faces (pas vu)
Kay Medford pour Funny Girl
Estelle Parsons pour Rachel, Rachel
Sondra Locke pour Le cœur est un chasseur solitaire


Katharine Hepburn pour Un lion en hiver
Vanessa Redgrave pour Isadora
Joanne Woodward pour Rachel, Rachel
Gina Lollobrigida pour Buona Sera Mrs Campbell
Patricia Neal pour The Subject was rose
Runner – Up : Tuesday Weld pour Pretty Poison – Kim Novak pour Le
démon des femmes

Estelle Parson pour Rachel, Rachel
Coral Brown pour Le demon des femmes/Qui veut tuer Sister George
Simone Signoret pour La Mouette
Shelley Winters pour Buona serra, Madame Campbell
Pour Pretty Poison

1969
Maggie Smith pour Les Belles Années de Miss Brodie
Geneviève Bujold pour Anne des mille jours
Jane Fonda pour On achève bien les chevaux
Liza Minnelli pour Pookie
Jean Simmons pour The Happy Ending

Goldie Hawn pour Fleur de Cactus
Dyan Cannon pour Bob et Carole et Ted et Alice
Catherine Burns pour Dernier Été
Sylvia Miles pour Macadam Cowboy
Susannah York pour On achève bien les chevaux


Maggie Smith pour Les Jeunes années de Miss Brodie
Geneviève Bujold pour Anne des mille jours
Ingrid Bergman pour Fleur de cactus
Jean Simmons pour The Happy Ending
Barbra Streisand pour Hello Dolly

Goldie Hawn pour Fleurs de Cactus
Irena Papas pour Anne des 1000 jours
Susannah York pour On achève bien les chevaux
Anna Magnani pour Le Secret de la santa Vittoria
Dyan Canon pour Bob et Carol et Ted et Alice

1970
Glenda Jackson pour Love
Jane Alexander L'Insurgé
Ali MacGraw pour Love Story
Sarah Miles pour La Fille de Ryan
Carrie Snodgress pour Journal intime d'une femme mariée

Helen Hayes pour Airport
Maureen Stapleton pour Airport
Karen Black pour Cinq pièces faciles (pas vu)
Sally Kellerman pour M*A*S*H (pas vu)
Lee Grant pour Le Propriétaire (pas vu)


Faye Dunaway pour Portrait d’une enfant déchue
Angela Lansbury pour Something for everyone
Geneviève Page pour La vie privée de Sherlock Holmes
Carrie Snodgress pour Journal intime d’une femme mariée
Raquel Welch pour Myra Breckinridge

Delphine Seyrig pour Peau d’Ane
Helen Hayes pour Airport
Maureen Stapleton pour Airport
Viveca Linford pour Portrait d’une enfant déchue
Mae West pour Myra Breckinridge

1971
Jane Fonda pour Klute
Glenda Jackson pour Un dimanche comme les autres
Vanessa Redgrave pour Marie, reine d’Ecosse
Janet Suzmann pour Nicolas et Alexandra
Julie Christie pour McCabe et Mrs Miller

Cloris Leachman pour La Dernière Séance
Ann-Margret pour Ce plaisir qu'on dit charnel (pas vu)
Margaret Leighton pour Le Messager
Ellen Burstyn pour La Dernière Séance
Barbara Harris pour Qui est Harry Kellerman ? (pas vu)


Julie Christie pour McCabe et Mrs Miller
Debbie Reynolds What’s the matter with Helen ?
Diana Rigg The Hospital
Janet Suzmann pour Nicholas et Alexandra
Glenda Jackson pour Un dimanche comme les autres

Margaret Leighton pour Le Messager
Genevieve Bujold pour Les Troyennes
Vanessa Redgrave  pour Les Troyennes
Irena Papas pour Les Troyennes
Cloris Leachman pour La Dernière séance
Runner-Up : Glenda Jackson pour The Boy Friend

Les actrices les plus nommées aux Oscars sur la période :
Katharine Hepburn
Dix nominations pour trois victoires
Bette Davis
Dix nominations, si l’on compte celle pour Servitude humaine, pour
deux victoires
Greer Garson
Sept nominations pour une victoire
Thelma Ritter
Six nominations, aucune victoire
Olivia de Havilland, Elisabeth Taylor, Ingrid Bergman
Cinq nominations et deux victoires
Susan Hayward, Jennifer Jones
Cinq nominations et une victoire chacune

Par comparaison les actrices les plus nommées par moi
Bette Davis
Sept nominations pour une victoire
Rosalind Russell, Mary Astor
Six nominations pour deux victoires
 Olivia de Havilland, Katharine Hepburn

Six nominations pour une victoire
Mary Astor
Cinq nominations pour deux victoires
Miriam Hopkins, Irene Dunne, Angela Lansbury
Cinq nominations pour une victoire
Lana Turner
Cinq nominations


Je nomme Susan Hayward quatre fois,  Greer Garson, Ingrid Bergman et
Jennifer Jones trois fois, Thelma Ritter deux fois.
Pour rappel, toujours sur la période 1932-1971, Irene Dunne et
Rosalind Russell furent nommées quatre fois aux oscars sans jamais
remporter la statuette, Angela Lansbury trois fois, Miriam Hopkins,
Lana Turner et Mary Astor, une seule fois (cette dernière pour une
victoire).

Les actrices nommées ici plusieurs fois et qui n’ont jamais été
distinguées par l’Académie :
Kay Francis (trois fois pour une victoire)
Jeanette McDonald (deux fois)
Constance Bennett (deux fois pour une victoire)
Alice Faye (deux fois)
Marianne Hoppe (deux fois)
Lucille Ball (deux fois)
Heddy Lamarr (deux fois)
Joan Bennett (trois pour une victoire)
Linda Darnell (deux fois)
Lizabeth Scott (deux fois)
June Allyson (trois fois)
Daniele Darrieux (deux fois pour une victoire)
Marilyn Monroe (deux fois)
Kim Novak (trois fois pour une victoire)
Maria Schell (deux fois)
Geneviève Page (deux fois pour une victoire)
Gina Lollobrigida (trois fois pour une victoire)
Irena Papas (deux fois)

Les actrices nommées plusieurs fois par l’Académie entre 1932 et 1971
mais que je n’ai jamais incluses dans mes propres sélections :
Beulah Bondi (deux fois)
Marjorie Rambeau (deux fois)
Teresa Wright (trois fois pour une victoire)
Anne Revere (trois fois pour une victoire)
Mildred Dunnock (trois fois)
Shirley Knight (deux fois)
Joyce Redman (deux fois)
Ruth Gordon (deux fois pour une victoire)
Lee Grant (deux fois)
Jane Fonda (deux fois pour une victoire)
Répondre
 
Transférer
   
 
taire
Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:32

 

Comme disait ma grand-mère quand elle arrivait au dénouement d’un film américain : « Ze Ende »... Je comptais d’abord aller jusqu’en 1973, l’histoire d’accompagner certains films/performances que j’aime beaucoup mais j’ai constaté un hiatus important dans mon histoire de cinéphile. J’ai vu un certain nombre de films datant de 1971, mais pour l’année suivante, c’est un peu le désert de Gobie (à ce jour il me manque même trois prestations nommées). Nous terminerons donc, un peu tristement, ce parcours, avant un bilan « listé », en compagnie d’actrices légendaires et engagées politiquement, particulièrement associées à leurs temps, mais qui ne me bouleversent pas toujours. Il est en tout cas curieux de constater que, finalement, les stéréotypes sont bien là : deux putes et deux reines, rien de moins.

 

  • Julie Christie pour Mrs Miller and Mr MacCab (Altman)
  • Jane Fonda pour Klute (Pakula)
  • Glenda Jackson pour Un dimanche comme les autres(Schlesinger)
  • Vanessa Redgrave pour Marie Stuart reine d’Ecosse (C. Jarrott)
  • Janet Suzman pour Nicolas et Alexandra (Schaffner)

 

Mrs Miller and Mr. MacCabe fut reçu très favorablement des critiques, y compris relativement conservateurs, en son temps. Aujourd’hui on respecte comme il se doit Altman, lequel a eu une histoire longue et chaotique avec l’Académie. On peut en dire autant, d’une certaine manière, de Julie Christie, qui était appelée à être nommée environ une fois par décennie. Mais en 1971 sa victoire (1965) était encore assez fraiche pour qu’on la considère comme une favorite potentielle des votants. En tout cas cette nomination fait partie de celles que l’historien du cinéma estime méritée, parce que l’actrice est toute ruisselante de modernité, en ce sens qu’elle n’a rien de complaisant, rien qui relève du star système. Du jeu « à l’état brut » si l’on peut dire, encore qu’on ne puisse pas sous-estimer  la part de composition dans un tel rôle, celui d’une prostituée cockney qui aspire à devenir une « Madame » dans un bordel américain. Le plus étonnant d’ailleurs est le physique que Julie Christie crée, sans maquillage particulier. Son visage est fermé, maussade, la bouche souvent tordue, le regard dur … elle est presque laide (un peu comme pouvait l’être Maria Callas sur certaines photos) « pour les besoins de la cause » et je dois dire que le mélange d’abnégation et de technique physique de cette transformation est particulièrement impressionnants, en particulier lors de ses premières interventions (elle n’a aucun mérite précis pour les cheveux en batailles, mais reconnaissons que ça rajoute encore au choc que l’on ressent). Christie a exactement ce qui fait une grande actrice (leitmotiv connu) : on n’oublie pas absolument que c’est elle qui joue le rôle (malgré la transformation physique), mais elle interprète, ô combien, le personnage. Ce qui m’évoque l’actrice Christie c’est le mystère, presque insondable, qui nimbe l’héroïne qu’elle joue. Le dernier plan sur son visage est hypnotisant, grâce à la caméra d’Altman, mais il a son service un visage impassible qui donne une partie de sa puissance à la séquence. Pour le reste la caractérisation est à la fois juste et évidente, dénuée de sentimentalisme ou de faiblesse ce qui est exactement ce que réclame le personnage (qui fait d’autant mieux ressortir l’espèce de mollesse veule de son malheureux partenaire, d’ailleurs excellent lui aussi). Plus intéressant encore : la vulgarité n’est jamais jouée, elle est à peine effleurée (plutôt dans le registre du pragmatisme robuste), jamais insistante en tout cas. Du coup Christie est une « Madame » idéale, dans un environnement terrien : on croit à sa prostituée sans qu’elle ait besoin d’en dire ou d’en faire beaucoup. Un beau rôle, évidemment pas ce qui va toucher en premier ma sensibilité, mais j’ai assez d’honnêteté, parfois, pour reconnaitre une grande performance dans ce registre, quand je la rencontre. 

Je peux aussi dépister une interprétation moins idéale ou du moins ne répondant pas tout à fait aux critères qui font qu’on la célèbre. Ainsi en est-il de Jane Fonda dans ce monument à l’art cinématographique des 70’s (gloups …) qu’est Klute. Fonda remporta donc l’oscar avec sa deuxième nomination pour son rôle de call-girl … aspirante actrice … franchement prostituée finalement. Elle dit dans son autobiographie avoir improvisé certaines scènes (avec sa psy) … L’actrice est si imprégnée de la méthode de l’Actor’s studio que même les dites scènes paraissent extrêmement construites, les maniérismes, les pauses, les tics, qui sont sans aucun doute ceux qu’elle a construit pour le personnage, finissent par tuer spontanéité et naturel. Je n’arrive pas à décider s’ils s’opposent cependant au personnage. En effet Bree est certainement elle-même en train de jouer constamment, y compris en thérapie. Même ses hésitations, ses interrogations, ses failles, sonnent comme des tours de passe-passe ou de la poudre aux yeux. En fait dès que Fonda bénéficie d’un espace de jeu elle l’investit férocement, ce qui n’est pas toujours pour le bien du personnage. Ses meilleurs moments sont, selon moi, ceux où elle n’a pas le temps : la peur, évidemment, la colère brutale (par exemple quand elle a sa première dispute avec Klute). Il ne s’agit évidemment pas de dire qu’elle est mauvaise : Fonda est une grande actrice et un formidable animal de cinéma, mais dans ce type de film, son interprétation semble presque plus grande que nature. Son personnage n’a probablement pas le talent qu’elle lui prête visiblement, même si elle se met en scène avec constance et il finit par manquer quelque peu, à force d’éclat, de fragilité. On n’a jamais vraiment peur pour elle (le film ne joue pas très bien de son suspens, ce n’est pas le propos d’ailleurs je pense), on a systématiquement le sentiment que rien ne peut arriver à une si étonnante et capiteuse créature qui mène sa vie d’une main de maîtresse femme. Tout ça est, dans une certaine mesure, vrai et l’actrice écrit s’être beaucoup renseigné sur les femmes qui « exerçaient ». Il manque pourtant une forme d’arrière plan (ce qui est paradoxal) : à force d’avoir beaucoup réfléchi à l’image, à la technique, Fonda oublie la spontanéité et ce n’est plus que rarement que le jeu au naturel, les réactions qui seraient celles de la comédienne elle-même peut-être, affleurent. Restent le plaisir, assez jouissif, de voir le numéro, brillant en soi, d’une actrice de talent.

 

 

 

 

Après son oscar l’année précédente (et malgré son mépris pour le principe des prix hollywoodien) Glenda Jackson fut nommée derechef, (selon une vieille tradition souvent évoquée ici que Jennifer Lawrence a renouvelé cette année) et remporta accessoirement le BAFTA pour Un dimanche comme les autres (qui a très bien tenu le coup et Dieu sait que je ne suis pas un fervent admirateur de ce cinéma là). Le film était audacieux mais marqué immédiatement par la nouvelle « qualité britannique » et son réalisateur, Schlesinger avait déjà porté chance à Julie Christie (pour Darling) et avait remporté un triomphe aux oscars en 1969 grâce à Macadam Cowboy. Tout épousait l’air du temps et la nomination de Jackson ne fut probablement pas difficile. Elle est, en tout cas, selon moi, bien méritée. Une partie du film, et son succès, repose sur la personnalité des acteurs, Finch et Jackson, leur amant commun étant plus falot, ce qui sert assez bien le propos du scénario. Il est difficile de donner des détails sur la performance de l’actrice anglaise (en un sens le côté plus dramatique et plus attachant de Finch est plus aisé à définir) mais il me semble que quoiqu’elle soit considérée comme une actrice plutôt maniérée, à la personnalité écrasante, Jackson a d’abord assez remarquablement réussie à paraître naturelle, fluide et pleine de fraicheur, ce qui est presque étonnant. La facilité de son interprétation, au tout au moins sa facilité apparente, est d’ailleurs ce qui décourage un peu l’analyse. Ce qui est certain c’est qu’elle a parfaitement compris son personnage : Alex est, avec elle, intelligente mais ni amère, ni dépressive (l’échange avec sa mère –Peggy Ashcroft- par exemple, est joué sans apitoiement, sans pause dramatique, avec beaucoup de finesse de part et d’autre). Elle accepte avec grâce ce qui lui arrive (et ce n’est quand même pas si simple !), se met en colère exactement au point où n’importe quel être censé le deviendrait, et ne devient donc jamais ridicule (le passage où elle croise Finch est absolument parfait, la gêne n’est jamais accentuée mais reste absolument présente : on est entre gens de bonne compagnie). L’actrice assure tant de bon sens et de charme à son personnage qu’on est obligé de prendre son partie et dans l’espace presque étroit qui est le sien dans le film (l’arc narratif n’est pas tendu bien loin et on reste dans les bornes d’une petite semaine), c’est déjà un exploit en soi.   

Glenda Jackson était la partenaire de Vanessa Redgrave pour Mary Stuart reine d’Ecosse (de Charles Jarrott, le réalisateur de Anne des 1000 jours qui obtenu un succès attendu aux oscars en 1969). Elles furent d’ailleurs nommées toutes les deux pour le même film aux Golden Globes (qui préféra donc la distinguer pour ce fil plutôt que pour Un dimanche comme les autres). Jackson jouait, la même année, Elizabeth pour un excellent feuilleton de la BBC. Je me demande si elle aurait pu être distinguée pour son rôle de souveraine à la place de celui qu’elle tenait dans Un dimanche comme les autres. Quoiqu’il en soit elle est une reine d’Angleterre exceptionnelle. On ne peut pas en dire exactement autant de sa « rivale » qui en était à sa troisième nomination infructueuse. Le problème vient sans doute d’abord de l’écriture du rôle et du script. Redgrave commence par jouer, du haut de son mètre quatre-vingt et avec sa charpente solide, la petite reine française. Elle bêle et rebêle « François » à la mort de son mari (accent français compris). Je suis gêné par quelque chose d’un peu bête et ridicule dans cette caractérisation, qui se veut plutôt fraiche et très naïve. Ce qui fonctionnait à merveille dans Isadora tombe à plat ici. Les battements de cils émus et les regards de biche dont elle joue beaucoup ne sont pas non plus toujours irrésistiblement dramatiques. Bref, malgré la grâce de Redgrave, une assez longue partie du film met presque mal à l’aise et fait briller d’autant plus Jackson. C’est dans la déchéance, la prison, le vieillissement et la mort que Redgrave-Marie Stuart devient la tragédienne qu’on connait, capable d’éblouir son public d’un geste bien placé, d’une intonation souveraine. Elle ne se laisse absolument pas manger par son Elizabeth lors de leurs deux confrontations. La deuxième, celle qui la flatte d’ailleurs le plus, est superbe, avec des tirades théâtrales qui conviennent parfaitement au jeu lyrique de l’actrice. C’est de la composition (au même titre que dans les premières scènes mais dans un registre plus accessible) et elle est jouée sans emphase mais avec une efficacité ou, pour mieux dire, une certaine beauté qui fait pardonner bien des choses. L’empathie pour Marie Stuart devient possible, ce qui est, sans nulle doute, un des désirs du scénariste et du réalisateur (elle ne se conduit guère qu’avec beaucoup de noblesse du début à la fin du film). Résultat mitigé donc, à mi chemin entre l’erreur de casting et la mauvaise direction d’acteur, mais sauvé, in extremis, par le talent et la grandeur de l’interprète, dont je redis aussi les rares qualités d’aristocratie naturelle, dans le port et dans la voix.  

 

 

L’année était aux théâtreuses et aux souveraines. Janet Suzman, actrice de Broadway qui ne devait n’avoir que ce rôle pour marquer sa carrière au cinéma, jouait en effet la tsarine Alexandra dans une fresque historique et pathétique à la fois, que j’ai trouvée, pour ma part, parfaitement réussie, dans son registre paradoxalement mince. Comme Vanessa Redgrave, l’actrice doit, dans Nicolas et Alexandra, incarner le personnage à plusieurs moments de sa vie. Heureusement le scénario lui évite de jouer à la toute jeune fille (déjà les premières images, en jeune femme relevant de ses couches, ne sont pas les plus heureuses de son interprétation – mais c’est plus pour une question de juvénilité que d’interprétation). Pour la majesté impériale Suzmann peut en remontrer à peu près à n’importe qui, même de plus célèbres et de ce point de vue son Alexandra triomphe de Glenda Jackson et de Vanessa Redgrave, toutes les deux plus forcées (quoiqu’avec éclat) dans ce domaine. Une part importante du travail réside dans le naturel, la simplicité en fait, de la noblesse du maintien, des mouvements, de la voix. La tsarine n’a pas jamais besoin de théâtraliser ce qu’elle a d’aristocrate, ou, pour mieux dire, de royal, puisqu’elle est, aussi, une dame d’intérieur, une impératrice de palais, qui, dans la lecture qui est faite du personnage par les scénaristes et par l’actrice, ne s’exhibe pas. Excellent casting, donc, finalement parce que le couple formé avec le Nicolas II est parfait, lui presque plus féminin qu’elle, en tout cas plus fragile, plus touchant, fonctionne parfaitement et que Suzman a, de plus, une dimension mélancolique, grave, presque spectrale, que la caméra saisit très bien et qui sert encore une fois son personnage. Même dans les moments les plus apaisés du film, l’impératrice semble non pas tant inquiète (elle n’est pas du tout jouée comme une hystérique, y compris lors des scènes avec Raspoutine) que résolue au malheur, fataliste au fond. Cette interprétation explique la forme de détachement qu’elle affiche quand les catastrophes les atteignent. Les moments de faiblesse sont d’autant plus frappant dans leur mesure (on pense à tout ce qui concerne la maladie de son fils) et sont à la fois dignes et émouvants. Donc, avec un matériel assez peu démonstratif, l’impression que m’a laissé Janet Suzman est finalement remarquable et son charisme, sa beauté, sa grandeur, apportent beaucoup à l’épopée à laquelle elle participe.

 

Un aperçu sur ce qui reste pour finir. Fonda remporta le prix de la critique new-yorkaise et d’autres prix plus ou moins prestigieux, mais les membres du National Board of Review choisirent Irena Papas pour Les Troyennes où elle joue Hélène avec un talent qu’on ne peut pas discuter (mais il s’agit plutôt d’un second rôle). Si ce film avait été un succès critique plus important Katharine Hepburn, Hécube, aurait probablement pu faire son retour aux oscars, dix ans avant La Maison du Lac. Côté Golden Globes il faut noter la performance à moitié légendaire, désormais, de Ruth Gordon dans Harold et Maud  vaincue pourtant par Twiggy dans The Boy Friend de Ken Russell, probablement parce qu’elle était à la mode et qu’elle chantait. J’adore ce film mais « l’actrice » y est insipide à pleurer. Mais j’en profite pour évoquer Jessica Walters, interprétant avec pas mal d’énergie une folle courant après Clint Easwood, dans Frissons dans la nuit (un film assez rigolo d’ailleurs qui étonne dans la carrière du réalisateur-acteur) également nommées aux Golden Globes (catégorie Drame mais ça se discute selon moi !). En ce qui me concerne (selon l’expression consacrée) voilà qui j’aurais choisi :

 

  • Julie Christie pour McCabe and Mrs Miller
  • Diana Rigg pour The Hospital (disponible en DVD zone 1 avec st anglais. Elle fut nommée comme second rôle aux Golden Globes, mais j’ai envie de la citer ici et comme elle occupe une part importante de l’intrigue … j’en profite donc pour louer son naturel, son charme et sa décontraction qui illuminent toute l’intrigue.
  • Glenda Jackson pour Un dimanche comme les autres
  • Debbie Reynolds pour What’s the matter with Helen ? (disponible en DVD zone 1 avec STF dans un coffret « Midnight Movies”). En mère d’un assassin, légèrement rapace et arriviste sur les bords, Reynolds est d’une réjouissante dureté et d’une parfaite vulgarité commerciale (sourire brillant et cheveux platines).
  • Janet Suzman pour Nicolas et Alexandra

 

 

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 15:10

 

1970 eut cela d’exceptionnel que, pour la première et dernière fois de l’histoire (si on excepte évidemment les deux premières années pour des raisons qui coulent de source), toutes les nommées étaient de nouvelles invitées au bal (et trois faisaient quasiment leurs débuts au cinéma). On considère généralement ce cru comme une espèce de nadir dans l’histoire de l’interprétation féminine des USA (vous vous rappelez de 1966 ? Et bien c’est pareil). Pourtant, en y pensant, si on met de côté cette particularité, c’était une année presque banale : on retrouve l’épouse attentive, la jeune fille malade, l’héroïne romantique du film de prestige … les poncifs sont bien au RDV :

 

  • Jane Alexander pour The Great White Hope/L’insurgé (Martin Ritt).
  • Glenda Jackson pour Women in love/Love (K.Russell)
  • Ali MacGraw pour Love Story (Hiller)
  • Sylvia Miles pour La fille de Ryan (D.Lean)
  • Carrie Snodgress pour Journal intime d’une femme mariée (Franck Perry … oui … le réalisateur de Maman très chère).

 

Le nom de Jane Alexander n’évoque pas nécessairement grand-chose aujourd’hui, bien qu’elle travaille encore. Elle fut nommée quatre fois aux oscars, la dernière, pour un rôle principal, pour Testament (1983) mais cela rentre dans une période que je n’ai pas l’intention d’explorer, et bénéficie donc d’une coquette réputation d’actrice dramatique de qualité. J’ai vu L’insurgé sur youtube (dans les conditions que l’on sait) et je l’ai donc découverte dans ce cadre, comme à l’époque la plupart des spectateurs du temps puisqu’il s’agissait, pour ainsi dire, de son premier film. Elle interprète un personnage classique dans la galerie des rôles « à oscar » : celui de l’épouse d’un homme plus célèbre qu’elle, le boxeur Jack Jefferson. L’affaire se corse cependant car Jane Alexander, blanche, joue la compagne du boxeur, noir, au début XXème siècle. Même si le film est un film de boxe, une partie de son intrigue tourne autour de l’union presque impossible entre les deux caractères, qui seront confrontés à toutes les horreurs qu’on peut imaginer et qu’ils tentent de surpasser, en vain finalement (Jefferson passe par la prison et ils finissent par divorcer). Jane Alexander, à part quelques instants fugitifs de bonheur, où elle se montre brutalement lumineuse, interprète Eleanor de manière assez uniformément dépressive. On la devine, on la sait, vaincue par une situation qui la dépasse, depuis le début. La lassitude devient vite sa caractéristique première et c’est surtout cela qu’on retient de sa prestation. Une tristesse douce qui devient parfois désespérée. L’actrice a, néanmoins, assez peu de place où s’exprimer, le métrage des films est essentiellement occupé par les enjeux des combats (je n’y connais rien, mais j’ai cru comprendre qu’il était, pour l’histoire de cette discipline, importants). C’est en fait presque un rôle secondaire qu’on offre à Alexander, mais sa discrétion fait partie du caractère, relativement effacée, du personnage. L’autre dimension frappante dans cette interprétation, à la fois paradoxale et indispensable, c’est une espèce de sensualité, ou pour mieux dire, l’expression d’un désir dévorant pour le personnage de Jefferson. A chaque fois qu’elle le regarde on lit non seulement de l’amour mais aussi quelque chose de presque violent et de pourtant un peu mou, un peu veule, qui va, encore une fois, très bien à ce que l’on comprend du caractère. A son crédit, enfin, l’élégance physique du personnage, qui contraste bien avec l’entourage du boxeur et qui donne, quelque part, encore plus de piquant à leurs relations complexes. Plus j’y pense, plus je crois que c’est une belle interprétation malgré sa relative modestie.

 

 

 

 

A l’inverse je dois confier ma déception en retrouvant, des années après, Glenda Jackson dans Love (devenu difficile à dénicher avec des stf … je pense qu’un coffret Ken Russell se prépare). Certes le film n’a jamais été …. comment dire … ma tasse de thé (j’ai assez horreur de Lawrence, de toute manière) et j’ai parfois du mal à me retenir de rire (encore que quelques scènes soient vraiment et volontairement drôles). Glenda Jackson, jeune actrice anglaise, dotée d’un charisme monstrueux et d’un mépris absolu pour le cinéma américain (et pour les oscars qu’elle snobait tranquillement malgré ses deux victoires), y faisait, elle aussi, de presque débuts, éclatants et qui éclipsèrent sa partenaire, la malheureuse et aujourd’hui oubliée Jennie Linden (quoiqu’elle soit excellente et qu’elle ait, finalement, un rôle plus démonstratif). Glenda Jackson, malgré un physique qui ne répond pas précisément aux canons de la beauté la plus conventionnel, a cette qualité magique qui fait l’actrice-star et la star-actrice. La capacité, tout en jouant les émotions d’un personnage, de dégager quelque chose qui lui est parfaitement propre. On est toujours intrigué par Glenda Jackson quand elle apparait à l’écran. Sans compter que sa filmographie est d’une grande cohérence et contribue à cette impression de familiarité, relativement fascinante. Evidemment cette donnée n’entrait pas en compte pour le spectateur à l’époque et je me demande si on n’a pas, alors, confondu l’interprétation à proprement parler et le talent naturel de l’actrice à briller devant une caméra (quand bien même elle réciterait l’annuaire). Parce qu’on est captivé par son allure, l’impression d’intelligence (vraiment phénoménale) qu’elle dégage, par son phrasé soutenu et par son timbre grave et j’en passe. Toutes qualités qu’on attribue rapidement à Gudrun, mais qui, en fin de compte, se retrouve d’une création à une autre. En redécouvrant le film je n’ai pas cessé de ne me demander : « mais enfin, qu’est-ce qu’elle veut ? ». Ce qui me dérange, en réalité, c’est que je ne suis pas sûr que l’actrice le sache elle-même. Aime-t-elle sa sœur ? Ses parents ? Son amant ? Contre qui est-elle en colère au fait ? Le scénario n’est pas toujours très clair (j’imagine que le roman ne l’est pas beaucoup plus) mais je me demande si le partie pris de sécheresse, de dureté même, qu’elle affiche, est suffisamment englobant pour recouvrir la richesse du caractère. En écrivant je réalise que ma vision est probablement biaisée. Peut-être qu’au fond la distance ironique, superbement modulée par l’actrice, jamais à cours à ce niveau, est la seule clef qu’on nous offre. Son grand talent, celui de pouvoir exercer autant de puissance au centre d’un registre que je considère comme réduit, est, dans tous les cas à saluer avec un enthousiaste non mesuré. Mais il est vrai, objectivement, qu’il menace toujours de primer sur la sensibilité supposé du personnage et, dans la scène onirique où Jackson danse pour chasser des vaches écossaises (les malheureuses ne demandaient rien), on ne parvient plus du tout à avoir une connexion avec elle, tant cette attitude exaltée (et jouée pourtant en apparence avec beaucoup de sérieux) contraste violemment avec ce qu’elle nous dit de Gudrun pendant le reste du film. Je ne suis pas sorti des abimes de perplexité dans laquelle cette analyse me jette, je crois …

Avec Ali McGraw, c’est beaucoup plus simple. J’ai tout compris, au personnage et à l’interprétation et c’est fort bien joué, mais, évidemment, comme elle est au contraire, d’une simplicité enfantine, on ne peut pas féliciter l’interprète pour la profondeur de sa caractérisation. J’aime bien Love Story. Oui. Je n’ai pas pleuré en le revoyant, mais il y a quelque chose de vraiment « cinéma » dans ce film qui lui donne un charme authentique. Je n’ai vu l’actrice que dans ce film, et pourtant je suis assez content qu’elle ait pu être nommée au moins une fois aux oscars. Après tout elle est parvenue à devenir, à sa manière, légendaire. Elle figurait comme favorite, pour ainsi dire, et remporta le Golden Globe. Il est vrai que mourant à vingt-cinq ans dans un des plus gros cartons de l’histoire du cinéma, cité une dizaine de fois aux oscars cette année là, elle ne risquait pas de rater le coche de la nomination. On ne peut pas vraiment dire, pourtant, que ce soit une distinction amplement méritée. Ali McGraw a posé son personnage lors des deux premières scènes et n’en démordra pas : sa talentueuse musicienne (rappelez-vous : elle aime « Mozart, Bach et les Beatles ») est moqueuse, toujours un peu distante, volontiers allumeuse et prend, autant que possible, systématiquement le rôle « de l’homme » et, plus souvent encore, celui de l’adulte, dans le couple qu’elle forme avec Oliver (rappelez-vous encore : le bel Ryan O’Neal). C’est en effet à Oliver que la charge émotionnelle du film revient. C’est lui qui découvre, progresse, souffre, avance et entame un grand voyage émotionnel vers l’âge adulte. Sa partenaire ne bouge pas : elle est déjà « achevée » quand le film commence. C’est très clair dans le scénario et dans les choix de McGraw, laquelle joue très vite sur le registre d’une ironie assez facile (mais en même temps ça reste une très jeune femme). Ce qui lui manque vraiment ce n’est pas le charme (elle en a vraiment beaucoup) ni la beauté, ni la tendresse, mais plutôt la sensualité. Elle exprime verbalement et à plusieurs reprises son appétit pour son beau compagnon. Jamais ce désir n’est réellement visible à l’écran (voir, pour comparer, Jane Alexander) et cette absence renforce une impression d’artificialité dans la représentation de la maturité dont elle fait étalage. Et si tout cela était du flan ? Jolie question, mais je ne suis pas sûr que l’actrice ait vu aussi loin et si c’est le cas elle est allée bien au-delà des exigences des scénaristes. J’ai l’air sévère. Répétons le charme immédiat de cette interprétation, un peu maladroite peut-être, mais qui dans les moments les plus larmoyants, est quand même diablement efficace. Elle pleure avec quelque chose d’un peu forcé, peut-être, mais pourtant on ne peut pas résister à ce visage humide. Dommage qu’elle n’ait pas pu réellement réaliser sa carrière. Ali McGraw avait incontestablement quelque chose.

Sarah Miles aussi d’ailleurs, qui est probablement, à sa manière, plus satisfaisante et dans l’année qui nous occupe et dans l’ensemble de sa carrière. Contrairement à Ali McGraw elle jouait dans un énorme flop critique et commercial. Mais La fille de Ryan a fini par gagner une aura de respectabilité qui fait défaut à Love Story, aujourd’hui. A l’époque le nom de Lean (qui avait assuré des nominations à plus d’un acteur et plus d’une actrice), le label de prestige britannique qui entourait l’œuvre, suffit à convaincre l’Académie. Le film est fascinant et il le doit d’abord à la réalisation de David Lean, absolument sensationnelle et dont je ne comprends pas qu’elle fasse objet de réserve. Sarah Miles est le visage que le réalisateur exploite. C’est le miroir du film. Dans une interview elle a expliqué récemment que le jeu de John Mills a dérangé réalisateur et producteur. C’est le plus démonstratif du film (et c’est lui qui remporta l’oscar du meilleur second rôle). Au contraire, Miles est au diapason de ses autres partenaires : pudique (Mitchum est, par exemple, particulièrement émouvant dans ce registre). Pourtant, comme beaucoup d’actrices anglaises de sa génération (on pense à Julie Christie) elle a une vulnérabilité et une expressivité à fleur de peau qui exercent une séduction d’autant plus intéressante qu’elle parait naturelle. Je ne pense pourtant pas que l’actrice soit « naturaliste » : avec la relative discrétion que le directeur ou le scénario obtient d’elle, elle est cependant anxieuse de faire montre de ses capacités émotionnelles, c’est visible dans toutes les scènes paroxystiques, quelle soit dans le registre dramatique, dans le capricieux ou dans le sensuel (car, ne l’oublions pas, c’est aussi un rôle formidable). Une trop grande réserve ne serait d’ailleurs pas approprié la « fille de Ryan » est une rêveuse, une exaltée, une fébrile. Cette dimension première Sarah Miles la projette avec une évidence et une facilité, qui, encore aujourd’hui, la font volontiers assimiler à son rôle le plus célèbre. Elle finit par faire absolument corps avec le film et avec le caractère, fait oublier son identité sans s’effacer pourtant totalement derrière le personnage.  Bref elle participe avec talent à ce qui fait que La Fille de Ryan est un chef d’œuvre et est devenue, mais avec une justice poétique rare, une forme de personnage culte dans l’histoire du cinéma romanesque, sans être simplement un pantin devant les images du réalisateur. Et je suis assez heureux de cette nomination qui me semble parfaitement justifiée.

 

 

Comme l’est sans doute, dans un registre diamétralement opposée, celle de Carrie Snodgress, l’héroïne vaguement antipathique d’un film très difficile à dénicher (vu sur youtube pour ma part … et encore, en morceaux, avec des bouts de bonus rajouté au métrage d’origine) : Journal intime d’une femme mariée. Carrie Snodgress semble avoir, comme Glenda Jackson, snobé la cérémonie et manifesté assez clairement son indifférence à ces futiles questions de prix. Sa carrière, franchement décevante par la suite et qui s’est survécue à elle-même pendant trente ans, de téléfilm en navets horrifiques, n’en a pas été plus brillante et aujourd’hui elle est surtout évoquée que pour ce film, le premier dans lequel elle ait eu un rôle principal. Très principal même. Si ses concurrents partageaient l’affiche, Snodgress se retrouvait pour ainsi toute seule face à la caméra et force est de reconnaitre que cette inconnue était en mesure de dominer son sujet, d’un battement de cil, sans craindre rien ni personne. Elle remporta le Golden Globe, catégorie comédie, passant devant des candidates plus bien plus célèbres, mais elle était alors, on ne le réalise plus en 2013, une espèce de « it girl ». Et puis, je ne l’ai pas encore vraiment dit, son interprétation était incontestablement impressionnante, en plus du métrage qu’elle occupe dans le film. Elle joue une femme au foyer qui s’ennuie et qui n’a pas tout à fait la reconnaissance qu’elle attendrait, à la fois du monde et de son mari. Elle finit par prendre un amant, sans beaucoup plus de succès. L’actrice joue, comme McGraw, sur la distance, mais avec bien plus de finesse et de maturité, puisque l’ironie se projette en priorité sur elle-même. Le personnage n’est pas particulièrement sympathique, mais cet humour sauve absolument Snodgress dont on épouse, à mon avis, systématiquement le point de vue. Elle dégage quelque chose d’intelligent (on pense à Jackson souvent en fait) et d’élégant, sans trop de sophistication, ou alors avec une dose raisonnable de la chose, qui rendent ses scènes toujours riches. En bref, c’est une actrice qui suscite intérêt et curiosité (on se demande vraiment ce qui va arriver au personnage alors que, au fond, il ne lui arrive rien que de très banal) et il est heureux qu’elle ait au moins eu une fois l’occasion de montrer de quel bois elle était faite. Le film s’achève sur une séance de psychanalyse collective où elle se fait lyncher par ses co-analysés. Le dernier plan sur son visage à l’expression légèrement moqueuse, incrédule, à la fois coupable et légèrement supérieure, achève de persuader le spectateur de l’aisance de cette caractérisation et est un très bel hommage du réalisateur au talent de son interprète principale.

Elle remporta un Golden Globe, devant Barbra Streisand (pas mauvaise du tout en prostituée intello dans La Chouette et le Pussycat), Julie Andrews (merveilleusement filmée par Blake Edwards dans Darling Lili), Sandy Dennis dans The Out of the Town (elle y faisait du Sandy Dennis dans un registre comique) et Angela Lansbury (cette dernière allumée à souhait dans ce chef d’œuvre d’humour noir qu’est Something for everyone, un film indispensable dans son genre). De son côté Ali McGraw triomphait de Jackson, Miles mais aussi Mercouri (dans une adaptation que je n’ai pas vue des Promesses de l’aube) et surtout de Faye Dunaway, sublime, le mot est faible, dans Portrait d’une enfant déchue, très franchement un triomphe interprétatif, très différent de ce que l’actrice a pu offrir ici et là. Le film fut massacré par la critique à sa sortie, preuve de l’aveuglement de certains, ce qui couta sans doute une nomination bien méritée à l’actrice, vraiment bouleversante. Elle aurait été ma gagnante, en assez bonne compagnie. Je n’ai pas vu Butch Cassidy et le Kid, Bafta pour Katherine Ross. Pour les autres prix c’est en général Jackson qui a raflé la mise.  

 

  • Faye Dunaway pour Portrait d’une enfant déchue (Schatzberg)
  • Angela Lansbury pour Something for everyone (Harold Prince)
  • Genevieve Page pour La vie privée de Sherlock Holmes  d’on sait qui (presque un second rôle, mais je garde un souvenir extrêmement émue de cette interprétation d’une élégance irréelle.)
  • Carrie Snodgress pour Journal intime d’une femme mariée
  • Raquel Welch pour Myra Breckinridge (Ouais. Et j’assume en plus. Elle me fait hurler de rire du début à la fin, et ce n’est pas parce qu’elle est mauvaise).

 

 

Pour information : je poursuis jusqu'en 1973, en alternant avec des articles musicaux, as usual. Fermeture temporaire ensuite.

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 12:50

 

[Vous m’excuserez mais j’ai un blog à clôturer.]

1969 a pour particularité, du point de vue “oscarisant” qui nous occupe, de susciter des passions dévastatrices, quatre, au moins, des nommées, provoquant, dans leur rôles respectifs, des déchainements d’amour de la part des gens atteints de cinéphilie ou de gérotonphilie, c’est selon le point de vue. En ce qui me concerne, en effet, trois d’entre elles sont importantes à mes yeux (y compris la mal aimée du groupe). Voyez plutôt la liste en question (qui recoupe entièrement celle des Golden Globes, catégorie drame) :

  • Geneviève Bujold pour Anne des mille jours (Jarrott)
  • Jane Fonda pour On achève bien les chevaux (Pollack)
  • Liza Minnelli pour Pookie/The Sterile Cuckoo (Pakula)
  • Jean Simmons pour The Happy Ending (Brooks)
  • Maggie Smith pour Les belles années de Miss Brodie (Neame)

Je peux déflorer immédiatement la fleur de mon secret. Geneviève Bujold, presque star des années 1970, est l’actrice mal aimée dont je parlais immédiatement. Non pas qu’elle soit un objet de mépris, sa filmographie parle pour elle, mais cette nomination (l’unique de sa carrière, ce qui me la rend d’autant plus précieuse en quelque sorte) est souvent considérée comme imméritée. Bujold, « it girl » du temps, remporta le Golden Globe pour ce rôle et faisait sans doute figure de favorite pour l’Oscar. Elle jouait Anne Boleyn, aux côté de Richard Burton en Henri VIII, dans un film historique prestigieux, adapté, comme la Jeanne d’Arc de Bergman, d’une pièce de Maxwell Anderson. Anne des mille jours fut couvert de nominations. L’actrice qui soutenait le caractère éponyme ne pouvait pas y échapper, même si le personnage d’Henri VIII est probablement plus important encore. Disons immédiatement que Geneviève Bujold, quoique canadienne, correspond très exactement à l’image que je me fais d’Anne Boleyn. Son petit visage têtu, sa grâce capricieuse, sa silhouette souple, mais pas exempte de quelque chose d’un peu dure, imposent tout de suite cette distribution et le couple formé avec le souverain puissant de Richard Burton fonctionne. C’est d’ailleurs dans les moments où la reine est le plus autoritaire, le plus directement dans des situations de confrontation que l’actrice est la meilleur, le contraste qui nait de sa fragilité imparente confrontée à l’acuité de sa diction, à la force de son timbre, étant particulièrement effective. Elle contrôle parfaitement cet aspect (important) de son interprétation, puisque Anne Boleyn évolue visiblement, d’une presque petite fille déjà volontaire mais sans avoir encore les moyens vocaux et physiques de ses ambitions, à une reine tempétueuse. Le début du film est d’ailleurs le moins intéressant pour l’actrice qui est peut-être dépassée par la complexité de certains aspects du rôle. On ne distingue pas toujours très bien quels sont les sentiments qui font agir la jeune femme (haine, ambition, amour ?) mais le scénario n’est pas toujours explicite. Il est possible que cette ambigüité soit d’ailleurs voulue, par l’interprète elle-même, puisqu’à partir de la scène d’amour avec Richard Burton, où elle révèle sa sincérité, son interprétation devient systématiquement non seulement convaincante mais encore captivante et habitée, dans un registre théâtral « noble » auquel je suis particulièrement sensible. Le monologue qui donne son titre est film est superbe pour la diction comme pour l’expression et fait honneur Bujold, actrice peu orthodoxe mais capable de s’élever aux hauteurs académiques quand elle le voulait bien (et notons, au passage, que les « r » roulés lui vont particulièrement bien).

 

 

 

Jane Fonda est la première « fille de » que nous rencontrerons cette année. Elle était, jusqu’à là, considérer surtout comme un phénomène dans l’aristocratie hollywoodienne et comme un ravissant visage. On achève bien les chevaux, vite appelé à devenir le classique que l’on sait, renversa la vapeur et offrit à l’actrice toute les distinctions possibles (y compris le prix de la critique new-yorkaise). Avec le recul on réalise à quel point, en réalité, le rôle convenait à Fonda. La plupart des personnages qui allaient assoir son autorité en tant qu’actrice dramatique auraient les mêmes caractéristiques de fierté et d’intelligence, de supériorité en somme, que l’interprète savait dispenser à loisir. Je n’ai pas vu le film depuis longtemps, j’ai simplement regardé quelques extraits pour me rafraichir la mémoire et ce que j’ai observé renvoie assez exactement à mon souvenir, d’ailleurs positif, même si Fonda m’a plus intéressé ailleurs. Quoiqu’il en soit on comprend l’impact qu’a pu avoir à l’époque une interprétation à la fois flamboyante et d’une école autant que possible éloignée des manières théâtrales d’une Maggie Smith, par exemple. Le charisme de Fonda, l’histoire d’amour fusionnelle qu’elle entretient avec la caméra, sa beauté évidemment aussi, rendent sa performance, dans un rôle à sa mesure dramatique, inoubliable d’autant que sa superbe la mène très loin du misérabilisme qu’on pourrait parfois craindre. Pas de mesquinerie possible chez elle (on ne le suspecte pas une seconde d’avoir saccagé la robe de la pauvre Susanna York) et une capacité indispensable à susciter la sympathie du spectateur. L’anthologique et célébrissime scène finale où elle s’effondre épuisée avant de demander la mort est superbement menée évidemment, d’un point de vue dramatique. Cependant je ne peux pas m’empêcher de me dire que le rôle est, à sa manière, relativement facile et que, peut-être, une interprétation plus terrienne, d’apparence plus médiocre eut été plus riche, plus surprenante (en un sens York a un personnage plus intéressant quoique caricaturale).  

Deuxième illustre rejeton de ce que Hollywood comptait de plus prestigieux, Liza Minelli était, comme Jane Fonda, nommée pour la première fois. Son interprétation et son personnage, Pookie, ont des supporteurs inconditionnels et certains moments du film sont devenus, comme ne disent plus les jeunes, cultes. Comme pour sa concurrente on assistait vraiment ici à l’épanouissement d’une personnalité cinématographique. La singularité physique de Liza Minelli semblait la rendre idéale pour littéralement incarner la singularité morale de son personnage. Plus encore sa sensibilité cinématographique exacerbée devenait le reflet des incertitudes de Pookie. Comme si les souffrances expressives de Minelli, à qui chaque mouvement du visage semble couter, épousaient les ombres et les souffrances qu’une autre actrice aurait peut-être atténuées. En un sens, tout particulièrement dans ce rôle, je vois bien la filiation existant entre la mère et la fille dotées toute les deux d’une émotivité à fleur de peau, facilement traduites par des larmes qui ont toujours l’air extrêmement sincères, naturelles, vraies. A dire vrai je ne suis pas particulièrement sensible devant ce type d’interprétation et paradoxalement, je réalise que, pour que je sois touché, il est nécessaire que je sente (inconsciemment évidemment) un peu plus de maîtrise et de technique. Là j’avais l’impression, pendant la (très belle) scène du téléphone en particulier, que c’était davantage Liza Minelli qui exprimait son mal être qu’un personnage fictionnel. Un bon jeu naturaliste (et je ne suis pas particulièrement client non plus de cela) aurait eu plutôt l’effet de me faire oublier l’actrice pour me permettre de me concentrer parfaitement sur le personnage. Un grand jeu « tout court » atteint à l’équilibre entre la star/le comédien et le rôle. Cela dit, je comprends parafaient l’enthousiaste que cette interprétation vive, tendue, profondément juvénile (alors que Liza Minelli n’était plus tout à fait une adolescente) a pu générer. Même s’il ne faut pas sous-estimer la part sentimentale de la nomination évidemment, le film et l’actrice étaient d’assez bons reflets d’un nouveau cinéma qui se voulaient moins parfait et pourtant meilleur.

 

 

 

Autre nomination, après celle de Bujold, qui me réjouit particulièrement, celle de Jean Simmons, honteusement oubliée par l’Académie depuis 1948 ( !). Le scénario construit sur mesure par son célèbre mari de réalisateur (Richard Brooks) lui permit une douce revanche, neuf ans après avoir été snobée pour Elmer Gantry, du même Brooks. The Happy Ending est un spectaculaire portrait de femme quadragénaire, qui avait tout pour permettre à une actrice talentueuse (et Dieu sait si Jean Simmons l’était) de se faire distinguer même par le plus obtus des spectateurs. Passons sur les petites couettes des premières scènes (l’actrice est censée avoir vingt-cinq ans) lesquelles n’ont pour fonction que d’illustrer un bonheur préconjugal enfui (c’est le thème du film). Il vaut mieux s’incliner devant le portrait à la fois amer, triste et plein d’humour qui est fait du caractère, rendu, malgré les défauts évidents du personnage, éminemment sympathique. On ne sait pas trop sur quoi s’arrêter le plus. Les scènes d’ivresse peut-être, toujours compliquées à négocier, sont là abordées avec une légèreté de touche finalement réaliste (il ne s’agit aucunement de distance vis-à-vis du personnage), qui ne permet pas d’oublier pourtant ce que le comportement du personnage peut avoir d’inquiétant. C’est à mettre en parallèle avec certains passages tragiques que l’actrice traite avec la grâce et l’humour qu’elle prête à son personnage (Jean Simmons était, peut-être avant tout, une délicieuse comédienne) : le strip-tease improvisé, en pleine dispute avec son mari, est hilarant. L’interprète ne se moque pas de son caractère, c’est le personnage lui-même qui se moque du monde. En ce sens l’interprétation sert merveilleusement un scénario intelligent et riche, fondé sur la psychologie de l’héroïne, plus que sur une suite de péripéties. Quand elle réalise que celui qu’elle prend pour un séducteur est en fait un gigolo, on peut comprendre que cela ne soit pas source de souffrance réelle ou de drame pour Mary, qui se sort d’une situation délicate avec la juste distance que le spectateur attend d’elle. L’ironie merveilleuse équilibre toujours les chagrins et les larmes (d’ailleurs peu exploitées par l’actrice, à la mélancolie aisée et naturelle) et évite donc une lecture mélodramatique du scénario (ce qui n’aurait peut-être pas aussi bien fonctionné et aurait en tout cas donné un caractère moins original à l’interprétation). Un chef d’œuvre de délicatesse et aussi, pour une femme qui avait fait ses classes plus de vingt ans auparavant, de modernité. Dommage que le film soit rare, il mériterait d’être davantage connu, ne serait-ce que pour Simmons.

Une autre Britannique remporta la précieuse statuette cette année là, elle aussi pour sa deuxième nomination. Plus jeune que Simmons, Maggie Smith était en passe de devenir une légende du théâtre. Mais depuis plusieurs années, elle s’essayait avec succès (succès qui, d’une certaine manière ne s’est jamais vraiment démenti en cinquante ans) au cinéma. On ne savait pas très bien encore si on avait affaire à une actrice de caractère ou à une leading lady et ce type de considération ne comptait pas vraiment dans le cinéma anglais. Elle récupéra donc le premier rôle de l’adaptation d’un roman célèbre (et excellent) de Muriel Spark, Les Belles années de Miss Brodie. En jouant un professeur écossais, Maggie Smith n’anticipait pas sur ses prestations volontairement pincées et chics qui devaient la rendre célèbre. Son accent est magnifique, moins appuyé que celui adopté par Celia Johnson qui joue (très bien) la directrice du collège. Au-delà de l’aspect purement technique, autant préciser immédiatement que Jean Brodie est un régal pour une actrice de la trempe de Maggie Smith, laquelle est en mesure de s’exercer à la caricature dans les limites étroites qui évitent la farce. On est du côté des Femmes savantes plus que de celui des Précieuses ridicules. Le festival interprétatif auquel se livre l’actrice, perceptible dans le moindre mouvement (cette manière de relever l’avant-bras et de plier la main, par exemple, quand elle marche et qu’elle veut impressionner son interlocuteur pour ne rien dire de sa démarche presque trop aisée et gracieuse), dans la moindre inflexion (on pourrait citer l’intégralité de ses répliques), est d’autant mieux venu que Miss Brodie se met en scène constamment (une de ses élèves lui dit à un moment  « mais quand est-ce que vous arrêterez de poser ? »). Les rares instants de réelle sincérité (le dernier échange avec Pamela Franklin) montrent le personnage comme nue, débarrassée de ses oripaux, et, tout à coup, bouleversante après avoir été si souvent à la limite du ridicule, y compris quand elle se croyait sublime. Mais, au-delà de cet aspect qui relève du talent naturel de l’actrice à exprimer des émotions, on en revient toujours à ce sublime dans la composition qui fait qu’on la regarde dans le rôle comme on écouterait une grande chanteuse lors d’un récital, autant pour elle que pour la partition qu’elle joue, la pure virtuosité (qui n’est pas une simple rapidité précise) du discours et du geste ne faisant jamais oublier ce qui nous est raconté à l’écran : l’égoïsme et presque la bêtise, sous l’affectation de la culture et de l’intelligence. Un régal, donc, qui lui valut un oscar bien mérité (même si Simmons ne l’aurait pas volé) ainsi, bien entendu, qu’une récompense aux Baftas.  

 

 

Les Golden Globes côté comédies/musicals me plaisent aussi beaucoup cette année, en particulier Ingrid Bergman dont j’adore l’interprétation de la secrétaire désabusée de Walter Mathau dans Fleurs de Cactus. Je pense d’ailleurs que je remplacerai volontiers Minelli ou peut-être même Fonda par la Suédoise, rien que pour le passage où elle danse en boite de nuit, qui m’a fait hurler de rire. Mais Anna Magnani est superbement à son aise dans Le Secret de la Santa Vittoria et on peut difficilement ne pas trouver Barbra Streisand brillante dans Hello Dolly (sans compter qu’elle chante comme une déesse, même Bernstein le disait). On pourrait aussi parfaitement admettre, avec les GG, que Dyan Cannon est un rôle principal dans Bob et Carol et Ted et Alice. Pour terminer j’avoue ne pas avoir vu Shirley MacLaine dans Sweet Charity, autre nommées (elles étaient nombreuses cette année) aux GG et apparemment un des rôles importants de l’année. Mea Culpa. Je suis un mauvais vidame. Et en plus j’avoue que je serais plus curieux de voir les débuts au cinéma d’Ali MacGraw dans Good Bye Colombus. Hélas c’est devenu invisible.

Après réflexion voilà ma proposition qui reflète surtout ma profonde subjectivité (mais après tout je suis là pour me faire plaisir) :

 

  • Ingrid Bergman pour Fleurs de Cactus (DVD zone 2 avec STF. Se trouve dans une édition italienne).
  • Geneviève Bujold pour Anne des mille jours (DVD zone 2 avec STF)
  • Jean Simmons pour The Happy Ending
  • Maggie Smith pour Les belles années de Miss Brodie (DVD zone 1 avec sta ou VF)
  • Barbra Streisand pour Hello Dolly (de Gene Kelly. Bien connu des gens de goût).

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 21:31

 

 

J’ai l’impression de ne pas l’avoir écrit depuis longtemps, parce que, pendant une période relativement longue, les règles qui présidaient aux nominations et aux victoires aux Oscars ont été fixées. Mais en 1968 il y a eut cependant une surprise assez importante pour que l’année soit, lâchons le mot, historique. Deux candidates furent récompensées : un vétéran qui obtenait ainsi son troisième prix et une nouvelle star, appelée à perdurer, pour son premier film. En principe vous ne devriez pas avoir de mal à la différencier si l’on suit la liste des nommées (l’excellence de la sélection me surprend à chaque fois ; dans l’absolu je pense que chaque victoire eut été justifiée) :

 

  • Katharine Hepburn pour Un lion en hiver (Harvey)
  • Patricia Neal pour The Subject was roses (Grosbard)
  • Vanessa Redgrave pour Isadora (Reisz)
  • Barbra Streisand pour Funny Girl (Wyler)
  • Joanne Woodward pour Rachel, Rachel (Newman)

 

L’année précédente Katharine Hepburn avait déjà remporté un oscar pour un rôle relativement peu brillant, malgré l’excellence de l’interprétation. A l’inverse on tend à considérer son Aliénor d’Aquitaine dans Un lion en hiver comme un sommet de sa carrière, tant le caractère peut sembler, à sa manière, exigeant. Revoyant le film je me suis posé beaucoup de questions devant l’aisance de Kate Hepburn. Peut-on parler de composition ? Plie-t-elle le personnage de la reine à sa personne ou propose-t-elle quelque chose de singulier, par comparaison avec d’autres performances dans des films absolument différents ? Je n’arrive pas à trancher. Ou plutôt je me demande si on n’a pas affaire à ce que fut Margo Channing pour Bette Davis. C'est-à-dire un rôle tellement parfait, à un point si élevé en accord avec l’interprète que l’effort semble annihilé alors même qu’il y a pourtant une réel et exacte interprétation. Si Davis jouait une actrice, Hepburn, qui a su souligner ce qu’elle pouvait avoir de foncièrement aristocratique, ne se contente pas moins d’une souveraine pour lui permettre de se présenter au public. Précisons, pour lui rendre justice entièrement, que les acteurs  sont d’autant plus méritants que le scénario ne se ménage pas et que les dialogues sont certes spectaculaires, mais aussi, quand on y pense, sans aucun sens ou en tout cas injouables. Les personnages passent leur temps à se mentir les uns aux autres, sans que personne ne soit jamais dupe réellement de quoi que ce soit. Dès lors à quels moments sont-ils sincères ? Comment jouer avec justesse cette succession de pièges verbaux ? Hepburn ne se pose pas réellement la question, je pense, elle interprète tout avec une franchise très nette (après tout assez logique, puisqu’on sait qu’Aliénor ment … j’espère que tout le monde suit), aucune phrase n’a l’air plus hypocrite que la précédente. Au fond, on suit ces joutes comme un jeu auquel elle excelle (de tous, c’est elle qui semble le moins perdre son sang-froid à deux ou trois mémorables scènes près – dont celle, très « oscarisable » du miroir). Le brio, la distance dans les méchancetés qu’elle assène avec un chic difficilement imitable, la rapidité du verbe et du geste sont tous étincelants et rappelle quelle actrice de screwball elle fut. On s’incline donc volontiers devant cette forme de virtuosité qui semble être, ainsi que je l’ai dit, parfaitement naturelle, sans rien de forcé ou de frénétique. Je m’incline donc avec respect et admiration, comme je l’aurais fait sans doute devant la véritable Aliénor d’Aquitaine à laquelle l’actrice prête, dès sa première apparition, un visage de sphinx et une superbe de princesse. 

 

 

 

 

Patricia Neal revenait lentement sur les écrans après une période obligée d’inactivité. Cinq ans auparavant, elle avait reçu un oscar. Là elle jouait dans l’adaptation pour le cinéma d’une pièce de théâtre populaire et dramatique, qui ne comptait trois caractères : la nomination était assurée à la fois pour des raisons sentimentales et par le prestige intrinsèque du projet.  The Subject was roses (qu’on ne peut trouver qu’en Warner Archive, sans sous-titres) est un beau film mélancolique. On peut en dire autant de la prestation de Patricia Neal, mère de famille aigrie et malheureuse que retrouve, après la guerre, un fils aimant mais désireux de se libérer de l’emprise de parents qui ne s’entendent, par ailleurs, plus et passent leur temps à se disputer (quelque part ce n’est pas sans évoquer l’intrigue d’un Lion en hiver). Le spectateur ne ressent pas du tout les atteintes de l’attaque cérébrale qui avait terrassé Patricia Neal quelques années auparavant. Sa performance est aussi fluide et assurée que toujours et elle est servie par une cinégénie qui rend son visage fascinant, autant que ses expressions ou son phrasé (sans parler du timbre rauque et intriguant de sa voix). Le rôle est moins riche que celui de son époux, joué par Jack Albertson qui recevra, ironiquement, l’oscar du meilleur second rôle masculin. Cependant le personnage aurait pu être joué de manière infiniment plus pleurnicharde ou encore hystérique. Neal donne une interprétation d’une force et d’une élégance hautaines mais jamais froides qui suggère qu’elle fut la jeune femme un peu snob qu’on devine dans le portrait que son mari fait d’elle en racontant leur rencontre à son fils. Ses colères, injustifiées parfois, sont réellement effrayantes, mettent mal à l’aise et révèlent une violence peu attendue chez une mère de famille. Elle instaure donc quelque chose qui relève du tragique au sens (attention, je sors la grosse cavalerie) où Stephan Zweig l’entendait : dans la perspective de Patricia Neal, Netty Cleary est une femme remarquable, ou qui se pense remarquable, emprisonnée dans une vie trop étroite. Elle donne l’impression d’être capable d’à peu près tout, avec un minimum d’effets expressifs, ce qui rend le film plus poignant et plus intriguant (plus qu’il ne l’est, je crois). Sa disparition, à un moment de l’intrigue, pourrait se solder par n’importe quelle conclusion. C’est dans le regard et le visage de l’interprète que tout se joue. 

 

Deux ans après l’effroyable Morgan du même réalisateur (qui portait donc chance à son actrice), Vanessa Redgrave confirmait son statut de star internationale et gagnait à nouveau le prix d’interprétation à Cannes et une nomination aux oscars. Autant son rôle dans Morgan pouvait presque sembler périphérique autant ce biopic d’Isadora Ducan lui offre un film entier à porter sur ses solides épaules. J’ai lu qu’on lui reprochait de ne pas être une danseuse crédible. Je me demande bien ce qu’on peut lui attendre de ce point de vue et, pour ce que je connais de Ducan, les scènes de danse de Redgrave me semblent au contraire plus qu’honorablement exécutée. Les questions techniques n’embarrassait pas la danseuse, on le sait, d’autant moins à une époque où même la danse classique était moins spectaculaire, de ce point de vue, qu’aujourd’hui. Le corps athlétique et entrainée de l’actrices, ses bras à la fois sveltes et musculeux, me paraissent d’une crédibilité déjà évidente, mais, quoiqu’il en soit, je n’ai jamais eu l’impression d’une amatrice dans des scènes dansées dont elle s’est entièrement chargée, ce que la caméra du réalisateur dévoilent (ceci est un petit clin d’œil à Natalie Portman, il est vrai confrontée à beaucoup plus difficile dans une perspective physique). A part cela Redgrave, abrégeons le suspens, est exceptionnelle dans le rôle, crédible d’un bout à l’autre, y compris quand elle joue avec beaucoup de cruauté (et un maquillage finalement discret) la vieille Isadora, à la limite du ridicule. C’est dans ce dernier mot que réside vraiment une partie du talent de Vanessa Redgrave : l’exaltation d’Isadora est parfois ramenée à une candeur, une naïveté, qui est presque de la bêtise. C’est d’autant plus intéressant que Redgrave, en principe, dégage une intelligence frappante. Mais le fait est qu’elle a souvent interprété des intuitives, des sensitives, des non intellectuelles et qu’Isadora, dans cette perspective, les résume toutes et les exagère aussi. Pourtant, malgré le caractère d’énormité que Redgrave donne à certaines scènes (toutes celles avec « la grenouille » notamment), on a systématiquement l’impression que l’emphase est de toute manière l’expression naturelle et obligée du personnage, telle qu’il est expliqué par le réalisateur en tout cas. L’actrice a parfaitement compris ce qu’elle pouvait en tirer, en matière de résultats interprétatifs.

Autre biopic d’une artiste au tournant du siècle, Funny Girl a toujours été plus facilement disponible et plus célébrée qu’Isadora. Qu’on ne cherche pas en moi un contempteur de Barbra Streisand. J’ai dans mon panier amazon « Classical Barbra » qui attend par exemple. Oui. Et je n’ai pas honte. Et j’adore Funny Girl. Des performances nommées c’est pourtant celle qui me satisfait le moins, malgré son charme. Je m’y laisse prendre avec beaucoup de plaisir (puisque j’aime le film et que l’interprétation omniprésente le fonde en partie) mais dès que je prends un peu de distance j’en vois les limites ou plutôt les formules et les trucs. Streisand, on le sait, avait joué des dizaines de fois la pièce à Broadway, il est assez logique que son interprétation finisse, dans les passages comiques, par manquer quelque peu de fraicheur. A partir d’un certain moment dans le film on peut prévoir, à la manière de ce qui se passe quand on regarde le show de certains comiques, quelles sont les expressions et les clowneries avec lesquelles Streisand va jouer. Sans parler de cette élocution de mitraillette impressionnante mais parfois redondante avec une action déjà précipitée. On en profite et on en rit, mais on peut aussi comprendre l’exaspération de certains (encore que, dans l’absolu, la véritable Fanny Brice devait être assez proche du portrait qu’en fait, sur ce point, l’actrice). Pour le chant, je le trouve, de toute manière, absolument superlatif et je ne m’en lasse pas, même si la voix de Streisand est peut-être trop cultivée pour être celle d’une artiste populaire. Cela dit il serait ridicule de bouder son plaisir ou de dire que la mariée est trop belle : l’énergie vocale est bien, de toute manière, celle de l’ambitieuse prête à tout pour réussir. On vibre donc, on s’amuse beaucoup grâce à elle, cependant on n’est pas toujours touché, elle a des maladresses dans l’expression amoureuse, des incertitudes dans les scènes les plus dramatiques qui force la comparaison avec l’émotion générée par d’autres chanteuses et rien, par exemple, dans Funny Girl n’atteint ce que Judi Garland donnait dans les séquences les plus difficiles d’Une étoile est née. Enfin, quoiqu’il en soit, avec Funny Girl, une étoile était née, précisément, et ce n’est pas rien.

 

On peut comparer avec le parfait équilibre atteint par Joanne Woodward dans Rachel, Rachel. Encore une fois le film repose en grande partie sur son interprète féminine, institutrice qui pense qu’elle a gâché sa jeunesse et qu’elle est en passe de gâcher tout le reste (un rôle « à oscar », oui, d’une certaine manière, même si le traitement interprétatif est finalement plus mesurée que ce à quoi on pourrait s’attendre). C’est un film sérieux, aux enjeux graves. Mais l’interprétation de Joanne Woodward, d’une justesse et d’un réalisme remarquables dans les moments les plus émouvants, prend une dimension particulière dans le registre comique, qu’elle cultive pendant une grande partie du film, avec une modernité distanciée qui est celle du personnage (j’ai pensé beaucoup à … Renée Zellweger dans Bridget Jones. Les mimiques, les rires aussi, sont parfois si proches que je me demande si Zellweger n’a pas regardé le film avant d’immortaliser sa propre interprétation d’une graine de vieille fille) et qui lui donne quelque chose d’extrêmement attendrissant. On ne cesse de s’intéresser aux menues aventures de Rachel, en grande partie parce que Woodward nous les rend accessibles et importantes à la fois. Chaque moment, chaque détail est exposé avec clarté, alors que le film n’est pas particulièrement bavard (l’actrice a le droit de nous faire bénéficier de sa belle voix off qui nous guide parfois). Il faut évidemment prendre en compte la réalisation inspirée de Newman, mais celle-ci fait la part belle à l’expressivité de l’actrice et à sa capacité à nous raconter et à nous exprimer simplement tourments et plaisirs modestes liés à sa condition. Le réalisateur époux fait manifestement pleinement confiance à l’interprète épouse et tous les deux eurent raison puisque les prix plurent (Golden Globe et prix de la critique new-yorkaise, institution qui a toujours manifesté beaucoup d’enthousiasme vis-à-vis de l’actrice). Comme souvent pour les interprétations très réussies et pourtant peu démonstrative, il est difficile d’en dire plus, mais l’éloge est sincère et je pense que Woodward aurait pu être ma gagnante cette année là, même si je parle moins d’elle que d’autres. Concluons en disant qu’elle arrive à ne pas se faire voler la vedette par Estelle Parsons et ceci c’est déjà un exploit en soi.

Cette année j’aime beaucoup les citations aux Goldens Globes (outre Woodward et Streisand qui gagnèrent dans leurs catégories respectives et Hepburn et Redgrave qui furent nommées) : Lucille Ball particulièrement attachante dans Les tiens, les miens, les nôtres, Gina Lollobrigida dans un numéro irrésistible et taillé sur mesure (Buona sera, Mrs Campbell, pour lequel elle remporta un David di Donatello amplement mérité), Julie Andrews, spectaculaire dans Star de Robert Wise etc… il n’y eut pas de place pour Kim Novak, qui avait pris des risques pour La légende de Lylah Clare de Robert Aldrich, mais Beryl Reid, effectivement impressionnante, fut également nommée pour un autre film du même Aldrich, Faut-il tuer Sister Reyd. Aux rayons des actrices cultes on notera la  performance, souvent citée et justement, de Tuesday Weld, qui, dans Pretty Poison se révèle à mon sens plus intéressante que Faye Dunaway/Bonnie Parker. Mais je l’ai déjà dit. En attendant, voici mes choix, pas particulièrement originaux ou surprenants de ma part.

  • Gina Lollobrigida pour Buona sera, Mrs Campbell
  • Katharine Hepburn pour Un lion en hiver
  • Patricia Neal pour The Subject was roses
  • Vanessa Redgrave pour Isadora
  • Joanne Woodward pour Rachel, Rachel

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 22:59

 

 

 

1967 c’est, comme tout amateur le sait, l’année où Katharine Hepburn remporta le deuxième de ses quatre oscars, trente quatre ans après le premier. Victoire controversée, souvent attribuée au sentimentalisme des votants, Hepburn, notoire récalcitrante (encore que Jane Fonda ait prétendu le contraire dans ses mémoires) aux prix et aux cérémonies, venant de perdre son compagnon et partenaire privilégié, Spencer Tracy. Face à elle, deux interprétations restées iconiques dans deux films qui ne le sont pas moins. C’est peut-être là la raison de la grande colère des cinéphiles.

·         Anne Bancroft pour Le Lauréat (M.Nichols)

·         Faye Dunaway pour Bonnie and Clyde (Arthur Penn)

·         Edith Evans pour Les Chuchoteurs (B. Forbes – hélas indisponible avec sous-titres pour l’instant, j’ai une VHS américaine, en ce qui me concerne)

·         Audrey Hepburn pour Seule dans la nuit (Terence Young)

·         Katharine Hepburn dans Devine qui vient dîner ? (Stanley Kramer – disponible dans le coffret Kramer avec stf)

En parlant d’icône, voilà Anne Bancroft en Mrs Robinson, celle de la chanson. Ou comment faire beaucoup avec peu de choses, ou plutôt comment réussir à suggérer énormément avec peu d’espace. Le Lauréat n’a qu’un véritable personnage et c’est celui qui donne son titre au film. L’énorme succès du film, son retentissement « sociologique », le rayonnement du nom tout neuf de Dustin Hoffmann (et celui de Nichols, un an après Qui a peur de Virginia Woolf ?) pour ne rien dire de la BO, n’empêche pas qu’au fondement de son financement le nom d’Anne Bancroft, première au générique, si ma mémoire est bonne, ait eu quelque importance. On avait d’ailleurs proposé le rôle à Doris Day (excellente idée, dans l’absolu). Le choix d’Anne Bancroft (pas beaucoup plus âgée que son partenaire en réalité)  s’avéra le bon et elle remporta, outre une popularité remarquable, le Golden Globes (dans la catégorie comédie, ce qui est amusant, quand on y pense, le personnage étant plutôt sinistre) et une nomination aux oscars. En revoyant le film j’ai été impressionné par la qualité constante de son interprétation, que je ne saurais pas réellement décrire ou analyser. L’autorité et la maturité, d’accord, c’est impressionnant (dans sa fameuse scène de séduction, les ordres qu’elle donne sont toujours remarquablement « donnés »), la séduction physique était indispensable, elle en a revendre, on s’y retrouve. D’autres en auraient eu autant ou plus. Le mystère, qualité plus rare, est une autre caractéristique essentielle du personnage : qui est-elle ? Qu’éprouve-t-elle ? Où en est-elle ?  L’interprétation de Bancroft n’offrira aucune clef que ne donne pas le scénario, pourtant on ne peut pas parler d’underplayment. C’est plutôt qu’opérant un choix finalement très naturaliste Anne Bancroft ne raconte rien puisque son personnage lui-même n’exprime rien : Mrs Robinson sait parfaitement qui elle est et pourquoi elle agit ainsi, elle n’a pas besoin de l’expliquer à ceux qui l’entoure. Un exemple parmi beaucoup : quand elle dit que Benjamin est tout à fait à la hauteur de sa fille, elle n’use pas d’un ton haineux (« tiens une mère qui déteste sa fille, c’est intéressant »), elle énonce un fait avec simplement une pointe d’agressivité. Ce sentiment ambivalent par rapport à son enfant elle y a trop réfléchi, ce n’est pas une découverte. C’est un peu le problème de Mrs Robinson : rien n’est une découverte pour elle (sauf peut-être le degré de colère qu’elle est capable d’atteindre quand elle gifle à toute volée Katharine Ross). Malgré ses qualités (pour ne rien dire de l’humour, de l’intelligence, de sa manière de réagir à l’inexpérience de Benjamin à l’hôtel) je comprends ceux qui l’écartent de la catégorie : comme je l’ai dit, le film appartient avant tout au protagoniste.   

Après Mrs Robinson, Bonnie Parker, madone des tueurs et presque première rôle de Faye Dunaway. J’aime énormément, ça n’étonnera personne, Faye Dunaway, mais c’est dans le registre sophistiquée que je la préfère. Et si Bonnie and Clyde est un classique, il ne fait précisément pas partie des classiques que j’affectionne.  En découvrant il y a peu Pretty Poison, qui date de 1968, j’ai été frappé par ce que, par comparaison, Bonnie and Clyde pouvait avoir de daté. Cette critique pourrait d’ailleurs s’appliquer également au personnage et à l’interprétation de l’actrice. Paradoxalement c’est la sexualité (et nous sommes en pleine libération sexuelle) qui structure l’interprétation de l’actrice, occupée à éblouir et troubler par tous les moyens le spectateur. Ainsi de la scène de rencontre, culminant avec le moment où Bonnie découvre le gros pistolet de son Clyde. Dunaway affiche et revendique la métaphore sexuelle des séquences, avec franchise mais pas vraiment de finesse, humecte ses lèvres et roucoule sensuellement. L’allure, la jeunesse, le chic inné de l’actrice offrent un magnifique visage à une petite frappe, probablement bien moins distinguée et élégante que son imitation. Cela dit je pense que Dunaway, manifestement anxieuse de faire impression, était le choix de casting idéal pour la vision que Penn avait de son personnage : effectivement on comprend qu’elle espère autre chose de la vie qu’un mari et un travail minable. Les meilleurs moments de l’interprétation de Dunaway se joue d’ailleurs dans les scènes où elle affiche une frustration, une tristesse, qui nous rappelle sa fragilité (quand Clyde devine qu’elle est serveuse par exemple, sa réaction est très émouvante). Evidemment je reste client de ses moments d’explosion, qui annoncent un peu ses futurs maniérismes. Evidemment je vois bien le naturel et la fougue conjugués et évidemment le couple qu’elle forme avec Beatty est superbe (la franchise de son désir pour lui, à nouveau, est intéressante et nouvelle). Mais je reste sur une impression mitigée : rien ne surprend vraiment dans ce jeu, pas plus que dans celui de son partenaire d’ailleurs et surtout rien ne dérange vraiment, quand on les compare à d’autres couples maudits de l’histoire du cinéma (Perkins-Weld dans Pretty Poison encore !) Peut-être qu’en 1967 cette séduction presque prédatrice pouvait surprendre, mais aujourd’hui … icône d’accord, mais je ne sais pas s’il y a beaucoup plus. Et j’ajoute pour finir qu’elle se fait quand même manger en deux par l’interprétation brillantissime d’Estelle Parsons en belle-sœur hystérique et stupide. Un comble.

 

Edith Evans était une légende du théâtre et avait déjà été nommée deux fois aux oscars avant d’être la favorite en tant que leading lady (pour la première fois) en 1967 pour Les Chuchoteurs (d’un réalisateur qui avait déjà porté chance à Leslie Caron et Kim Stanley). Finalement elle remporta tout (Bafta, Golden Globes, National Board of review, Prix de la critique new-yorkaise et prix d’interprétation à Berlin) hors l’oscar. Gloire à elle, présence fascinante (quel visage !) et actrice extraordinaire qui trouva un rôle à sa mesure à un âge où d’autres ont raccroché depuis longtemps. Il faut vraiment voir le film pour prendre la mesure de son interprétation, prouesse émotionnelle qui laisse pantois, épuisé et dépressif à la fois. Evans interprète, elle qui était patricienne en diable, une pauvre femme, presque idiote ou en tout cas extraordinairement naïve, qui semble représenter à elle seule toute l’idée qu’on peut se faire de la misère sociale et de la pauvreté spirituelle ou culturelle.  Son interprétation est curieusement peu théâtrale, d’un réalisme quasi cru, documentaire en fait, ce qui s’accorde parfaitement au ton du film. Le poids de sa diction est, à lui seul, phénoménal et donne à toute ses performances un pouvoir immense, mais c’est ici question de charisme et de technique. Si l’on s’en tient au cœur émotionnelle de l’interprétation, il y a encore plus à admirer, la composition de l’actrice oscillant avec brio entre le pathétique le plus bouleversant (ses échanges avec son mari indigne, revenu pour un temps bref) et une espèce d’absurdité « à l’anglaise » qui pourrait, si la situation n’était pas aussi tragique, faire rire le spectateur. Elle ne tranche jamais et le spectateur ignore finalement si elle est absolument folle, complètement stupide ou juste désespérée au point de se réfugier dans une bulle imaginaire. Ce que j’ai ressenti devant cette interprétation c’est le sentiment si douloureux de l’incompréhension et de la gêne devant l’étrangeté d’autrui. Quand Edith Evans parle toute seule, s’embrouille, se perd dans ses incohérences on se retrouve brutalement confronté, avec, j’insiste, un sentiment violent de réalisme, à la folle du métro croisée la veille ou à sa voisine en voie de clochardisation et bipolaire. J’en frissonne encore.  

Evidemment, Audrey Hepburn souffre de la comparaison. J’ai été surpris en revoyant Seule dans la nuit de la relative médiocrité de son jeu, dès qu’elle est confrontée à un défi technique.  Elle joue ici une aveugle terrorisée (le film est assez connu et passait souvent à la télévision autrefois), un rôle plutôt « oscarisable » même si Seule dans la nuit est un thriller, genre pas exactement prisé des votants. Mais enfin elle décrocha sa dernière nomination pour le rôle. Ce fut une année faste d’ailleurs, puisque les GG la nommèrent deux fois : pour ce film (catégorie dramatique) et pour le célèbre et incomparablement meilleur Deux sur la route de Stanley Donen. Un rien bêlante (ça dépend de l’humeur, on peut aussi l’entendre vocalement  plutôt touchante j’imagine) mais physiquement encore adorable en 1967, Audrey Hepburn ne semble pas à l’aise du tout pour représenter son handicap. Cette impression est sans doute due, comme me le fait remarquer Anne-Laure, à des lentilles posées pour simuler l'aveuglement et terriblement gênante pour l'actrice. Le regard est souvent, presque imperceptiblement, mobile et on le spectateur le perçoit vaguement. Un des plans censés nous révéler justement l’absence de lumière dans le regard est marqué par une intensité, par ailleurs assez facile, absolument hors de propos pour un tel rôle. Hepburn a toujours tellement utilisé ses yeux pour séduire le spectateur qu’elle semble démunie quand on lui enlève cette part essentiel de sa personnalité cinématographique. Il faut comparer vraiment ce que fait Hepburn avec la composition de la jeune Elizabeth Hartmann deux ans auparavant dans Un coin de ciel bleu. L’impression de fragilité, de perte des repères était beaucoup plus poignante et réaliste (cela dit Hepburn interprète une jeune femme devenue aveugle récemment, Hartmann jouait visiblement une jeune fille qui était handicapée depuis la naissance). Pour le reste la performance est sympathique, parce qu’à la fois l’actrice et le personnage le sont, ce qui donne l’essentiel de sa force au scénario puisqu’il est nécessaire qu’on s’intéresse à elle pour accepter les ficelles du scénario, mais l’interprétation à proprement parler ne dépasse pas, comme le film, le niveau attendu pour un honnête divertissement.

 

Je ne crois pas que les deux Hepburn aient été en compétition l’une contre l’autre une année autre que celle-ci.  Katharine  faisait, après une pause de cinq ans, son retour au cinéma dans Devine qui vient dîner de Stanley Kramer qui, comme producteur puis réalisateur faisait partie des grands favoris de l’Académie des Oscars. Dans l’absolu la nomination n’était pas vraiment étonnante donc, même si on écarte la question de la mort de Tracy (lequel est d’ailleurs remarquable, à son habitude). Je le dis haut et fort et sans honte : je ne vois pas quoi reprocher à l’interprétation dénuée de sentimentalisme de Katharine Hepburn, qui n’a sans doute pas un rôle aussi actif que celui de son conjoint (elle n’a pas de grands monologues, même si son « clip  oscar » est assez visible dans le film), mais dont la présence à l’écran est effective et d’ailleurs relativement développée.  Ce qui m’a frappé dans ce qu’offre le personnage c’est d’abord son humour, vrai, franc, net qui nous apprend (nous rappelle ?) que l’actrice pouvait exceller dans un registre réaliste (assez éloigné pourtant de ses grandes performances comiques). Anne Bancroft était très drôle, mais le film la servait mieux. Dans ses toutes premières scènes, Katharine Hepburn, découvrant Sidney Poitier, son futur gendre, noir, affiche une suite d’expressions à la fois très analysables et vraiment drôle. Ensuite, le personnage est posé et brille tout de suite par son mélange de décontraction (la partie est jouée) et en même temps de tension (ce n’est pas si simple). Très chic finalement. Justement l’élégance est caractéristique non seulement de la femme Hepburn (dans ce qui ressort chez le personnage qu’elle ne compose pas de ce point de vue, ce qui est assez classique chez elle) mais aussi de tous ses choix d’interprétation, qui privilégient une quasi nonchalance, une distance intéressante, car naturel. Hepburn ne fait pas un drame de la situation (il faut la voir renvoyer sans élever la voix une employée malintentionnée par exemple), sauf, lors de sa discussion avec Tracy, les larmes dans les yeux et la voix tremblante, mais la tendresse que le couple a manifestée pendant toute la durée du film rend cette manifestation d’émotion juste, naturelle et attachante. Ce seront mes derniers mots sur la question !

Pour rappel Evans rafla tout. Parmi les concurrentes rencontrées en dehors des nommées : Vanessa Redgrave en Guenièvre de conte de fée dans Camelot (GG), Julie Andrews s’ébrouant avec entrain dans une de ses meilleures prestations comiques (Millie - GG) ou Elizabeth Taylor éblouissante Mégère apprivoisée (Donatello italien, Silvana Mangano remportant le prix pour la catégorie italienne pour Les Sorcières)  pour un film où elle offre une interprétation pleine de richesses et de sous-entendus (plus que ce lui offrait le rôle, finalement). Voilà ce que pour quoi je me suis décidé (sachant que je n’ai pas vu, à mon grand regret, The Fox, autre classique à prix de cette année avec Anne Heywood nommée aux GG et Sandy Dennis) :     

 

·         Julie Andrews pour Millie

·         Edith Evans pour Les Chuchoteurs

·         Audrey Hepburn pour Deux sur la route (comme tout le monde en fait : Audrey Hepburn y est, dans mon souvenir, déconcertante et assez loin de son image cinématographique tout en formant un couple inoubliable avec Albert Finney).

·         Katharine Hepburn pour Devine qui vient dîner ?

·         Elizabeth Taylor pour La Mégère apprivoisée

  

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 18:04

 

Il était une fois 1966. Cette année là les votants de l’Académie des Oscars décidèrent d’innover. On les comprend. J’ai visionné un certain nombre de films américains sortis à cette date et je n’ai toujours pas à réussir à élire cinq performances féminines qui m’enthousiasment assez pour justifier une nomination. Ceci explique probablement l’allègre explosion des codes que l’on constate. Sur les cinq nommées deux Britanniques (deux sœurs, ce qui n’était pas arrivé depuis 1941) et surtout non pas une mais deux performances dans une langue étrangère (c’est toujours une année unique, de ce point de vue). Les quatre actrices en question étaient des débutantes et/ou des inconnues aux USA. Je ne plaisante pas. Lisez plutôt :

 

·         Anouk Aimée pour Un homme et une femme (C.Lelouch – disponible en DVD).

·         Ida Kaminska pour Le Miroir aux alouettes/Obchod na korze/A Shop on the Hight Street (J.Kàdar – était disponible en Criterion, sous-titré en anglais).

·         Lynn Redgrave pour Georgy Girl (S.Narizzano – disponible sous-titré en anglais, mais je reste sûr d’avoir croisé une version sous-titré en français).

·         Vanessa Redgrave pour Morgan, fou à lier (K.Reisz – le DVD doit sortir en France en juin).

·         Elizabeth Taylor pour Qui a peur de Virginia Woolf ? (M.Nichols).

 

 

Rendons hommage, pour commencer, à la cinégénie d’Anouk Aimée, première française à être nommée pour jouer en français dans Un homme et une femme qui avait remporté, comme on le sait, le prix à Cannes et que la Warner distribua aux Etats Unis, tout en faisant activement campagne, semble-t-il, pour sa vedette féminine (du côté des hommes, c’était saturé déjà) qui remporta devant Elizabeth Taylor, le Golden Globe. Aima fut-elle la rivale la plus directe de Taylor la nuit des Oscars ? C’est fort probable. On est, pourtant, assez loin du compte, en ce qui me concerne du moins. Dommage que les américains n’aient pas plutôt distingué l’actrice pour sa composition dans Lola par exemple.  Car Aimée est une fascinante personnalité cinématographique et une actrice de talent, sans aucun doute. Ce n’est pas, précisément, dans le joli et romantique film de Lelouch qu’elle peut le montrer. On peut vanter autant qu’on veut son physique, sa voix, sa démarche, sa grâce, son naturel devant la caméra et la simplicité, l’évidence aussi sans doute, de ses choix d’interprétation dans Un homme et une femme. Tout cela est vrai (même si le tic qu’elle a de se remettre les cheveux en arrière peut finir par agacer, encore qu’il soit réaliste en fait). Le spectateur a par ailleurs tout les droits d’être séduit par le couple qu’elle forme avec Jean-Louis Trintignant et, oui, on a envie de parler d’alchimie entre ces deux là, du moins au cinéma. Reste cependant qu’on lui demande pendant une grande partie du film de se promener, de rire, de marcher (sur la plage évidemment, mais pas seulement), d’embrasser, tout ça en plus ou moins gros plans. Les retours en arrière, muets, la montrent amoureuse, séduisante, tendre. Le spectateur marche. Les scènes avec Trintignant, parlantes mais peu loquaces, la montrent amoureuse, séduisante, tendre. Le spectateur marche. On imagine que la direction d’acteurs de Lelouch a dû être minimaliste et ce n’est d’ailleurs absolument pas un mal, car ça fonctionne parfaitement pour ce type de cinéma. L’essentiel était dans le casting, c’est réussi : l’intelligence, la sensibilité, la présence, la vulnérabilité d’Anouk Aimé sont manifestement celles du personnage. L’émotion affleure encore quand elle est au lit avec Trintignant, passant du plaisir à la culpabilité. C’est beau et bon. Ce n’est pas assez. Mais par principe on soutiendra toujours l'actrice et une nomination fait plaisir.

 

Je ne sais pas ce que les Polonais (elle était polonaise) et les Tchèques (le film étai tchèque) disent de la nomination d’Ida Kaminska pour Le Miroir aux alouettes. L’œuvre, d’une terrible noirceur, se révèle, au détour de certaines scènes, extrêmement émouvant et remporta l’oscar du meilleur film étranger. Cette popularité et le vide intersidéral du côté des productions américaines en 1966 expliquent sans doute la nomination surprise de Kaminska, vedette de la scène dans une petite partie de l’Europe et âgée de soixante-sept ans. Le film eut l’avantage d’être suffisamment vu (on peut comparer cette situation avec celle rencontrée par Emmanuelle Riva cette année). Je respecte d’ailleurs et même j’admire assez à la fois l’interprétation et la nomination. J’ai vu le film il y a quelques années déjà, mais le souvenir que j’en ai est relativement précis. Assez précis pour me signaler que le rôle est cependant limité dans le temps et dans son registre. Ida Kaminska joue une vieille et quasiment gâteuse mercière juive qui n’a pas encore compris qu’elle n’avait plus le droit en 1942 de tenir boutique. Quand le nouveau mercier (pistonné par un parent) se présente, elle le prend pour un commis qui va travailler plus ou moins gratuitement. Presque une présupposé de comédie, et Kaminska emprunte d’ailleurs cette voie dans les premières séquences : adorable vieille dame aux cheveux blancs, toute lente et fragile, sourde, physiquement et intellectuellement, aux explications. Sans devenir ridicule elle entraine les quiproquos avec la constance et ferveur. L’actrice devient donc une représentation de la candeur et de l’innocence confrontées au Mal. Les rapports qu’elle entretient avec son partenaire, fondés sur l’incompréhension, sont marqués par sa bienveillance mais aussi une certaine distance : ce n’est pas une image maternelle qu’elle offre et ça rend le choix que fait le personnage masculin de tenter de la protéger d’autant plus intéressant. Cependant la caractérisation très réaliste globalement est rendue moins impressionnante par la relative obscurité de l’actrice. Je me suis demandé pendant une bonne partie du film, à propos duquel je ne savais rien, si je n’avais pas une amatrice, petite commerçante juive, devant les yeux, tant l’interprétation semblait authentique. Sa scène finale, terrible, qu’elle rend asphyxiante à force de terreur et d’incompréhension perceptibles d’abord dans le regard, a remis les pendules à l’heure : si Kaminska était aussi crédible, c’est parce que son talent était très réel.

 

Lynn Redgrave était, en 1966, une très jeune femme, également inconnue, n’était le prestige du nom qu’elle portait. Georgy Girl eut un joli succès critique dont elle bénéficia mais ce n’est que justice, car elle n’est pas pour rien dans le succès en question. Son physique, moins gracieux que celui de sa sœur, l’empêcha de faire une carrière éclatante, mais sa fantaisie comique (dont elle fait une démonstration éclatante dans certaines séquences du film qui nous occupe, en particulier celle où elle chante sans honte « Some kind of loving » mais toutes les scènes à l’école de danse sont délicieuses et charmantes) lui vaut une place particulière dans l’histoire du cinéma. Je ne suis pas sûr qu’elle ait rencontré d’autres rôles principaux au cinéma que celui de Georgina, pour lequel elle sacrifia immédiatement son image physique en prenant un certain nombre de kilos, indispensable au personnage : Cendrillon sympathique et dodue que Lynn Redgrave rend encore plus attachante, si c’est possible, que ce que le rôle, sur le papier, promettait. Immédiatement saine et amicale, débordante d’amour, Redgrave offre une performance marquée par l’absence d’ambigüité : elle est, comme l’est sans doute son personnage, d’une transparence et d’une netteté systématiques et on peut lire dans sa voix comme dans ses expressions. Les sentiments qu’elle éprouve pour le personnage d’Alan Bates sont, par exemple, rendus avec une clarté qui rend amusante l’aveuglement des personnages à cet égard (seule Charlotte Rampling semble avoir une longueur d’avance). Non pas que l’interprétation soit lourde ou insistante. Seulement la franchise et l’impossibilité de mentir qui caractérisent Georgina sont particulièrement assumées par l’actrice. Elle dégage par ailleurs une évidence maternelle qui la rend parfaite pour toutes les séquences avec les enfants, et quelque chose d’un peu maladroit, d’un peu épais, dans ses contacts avec le bébé rend ses scènes finalement plus réalistes. Bref, Redgrave émeut, attache et bien évidemment fait rire (tout ça ensemble d’ailleurs, dès le générique où elle s’achète une invraisemblable perruque) avec une aisance peu commune pour un quasi premier film. Certainement, d’une certaine manière, la révélation de l’année (elle reçut aussi le prix de la critique New-Yorkaise, en même temps qu’Elizabeth Taylor).

 

Je voudrais bien parler de Vanessa Redgrave, que je vénère, comme tout le monde, dans Morgan pour lequel elle rafla le premier de ses prix d’interprétation à Cannes. Ca m’est hélas impossible. J’ai vu le film certes, ce qui fut une des expériences les plus éprouvantes de ma vie. Et je me refuse à le revoir, du moins sans au moins l’aide des sous-titres. Je peux donc vous dire au moins que l’actrice est très belle et élégante, ce qui correspond parfaitement au personnage, dans mon souvenir du moins (elle est une jeune femme de la bonne société, qui divorce d’un époux trop excentrique pour ne pas dire fou à lier, précisément ce que le titre suggère). Et je ne me souviens d’aucun faux-pas particulier. Ce qui surnage le plus dans ma mémoire c’est la tendresse qu’elle suggérait encore vis-à-vis de son ex-mari, une espèce d’indulgence maternante qui était d’autant plus séduisante pour lui, je pense. Ce dont je suis sûr également c’est que le film appartient d’abord à celui-ci, interprété avec énergie et talent (pas mon type de talent, mais ça n’empêche) par David Warner. Vanessa Redgrave remplit à merveille deux fonctions : c’est un objet de désir (d’où l’importance de sa séduction) ainsi qu’un outil de contraste (d’où, cette fois, l’importance à la fois de l’équilibre qu’elle doit dégager et du parfum d’aristocratie qui lui est, de toute manière, consubstantiel, puisque son mari est à la fois déséquilibré et communiste). Ca s’arrête, dans mon souvenir encore une fois, à peu près là. Peut-être qu’une révision sereine du film m’expliquerait mieux ce prix à Cannes, cette nominations aux oscars, aux GG et aux BAFTAS. En attendant je la range de côté et j’attends l’occasion de dire du bien de l’actrice dans d’autres films. J’en aurai plus d’une fois l’occasion, rassurez-vous.

 

Autour d’Elizabeth Taylor dans Qui a peur de Virginia Woolf ? il y a un certains nombres de questions et de fantasmes. D’abord beaucoup trouvent injuste que Richard Burton n’ait pas gagné lui aussi pour le même film. Ensuite on discute toujours de la prise de poids de Taylor, du fait qu’elle était trop belle et trop jeune pour le rôle, que la part de composition est donc quasiment caricaturale, selon la règle qui prétend que rien ne vaut un contre-emploi pour gagner un oscar. Enfin un certain nombre restent, de toute manière, réticent, devant l’interprétation de l’actrice à proprement parler. Je n’en fais absolument pas partie. D’accord la voix est artificiellement sombrée, la vulgarité affichée avec violence (la cigarette au coin de la bouche !), la caricature de mégère n’est jamais loin. Mais je ne vois là qu’une interprétation elle-même sombre, vulgaire et violente, c'est-à-dire correspondant au texte, au film et au rôle de Martha. Il faut avoir vu, par exemple, Taylor danser avec George Segal pour prendre la mesure de l’absence de pudeur (et de sens du ridicule) du personnage qu’elle interprète. Certes Burton a davantage de place dans le film et peut offrir une interprétation d’une dynamique d’acteur superbe et théâtrale, dans le bon sens du terme. Mais le numéro cinématographique de son épouse-partenaire est, lui, franchement fascinant et on guette chacune de ses répliques, chacune de ses réapparitions jusqu’aux scènes de la fin où elle devient, tout à coup, d’une vulnérabilité renversante (après avoir incarné avec évidence une espèce d’ogresse, dont on comprend que Segal n’arrive pas à l’honorer physiquement). Sa déclaration d’amour à Burton (par partenaire interposé) est magnifique dans un registre lyrique (elle a toujours excellé aux éclats vocaux et aux monologues – voir Soudain l’été dernier par exemple) pour ne rien dire de la scène/affrontement final(e). Elle se hausse parfaitement à la hauteur émotionnelle et technique d’un adversaire immense prêt à tout pour emporter la mise interprétative. Personne, même pas Burton, n’arrive finalement à voler une scène à Taylor qui semble épouser les tourments intérieures et les appétits insatiables de Martha comme si c’était une seconde peau et avec de plus en plus de force au fur et à mesure que le film avance. Ce n’est pas sans rappeler les grandes heures de Susan Hayward et c’est, sous ma plume virtuelle, un compliment. Et puis, pour la composition et le maquillage, pardon, mais qui songe encore à la beauté de Taylor en voyant le film ?      

 

Voilà l’heure du choix. Si l’on veut. Tout le monde fut embarrassé, ainsi que je le disais et les Golden Globe ne savaient pas vraiment qui distinguer. Parmi les noms qu’ils citèrent (Shirley Maclaine jouant les utilités dans Gambit par exemple) on peut au moins noter celui de Natalie Wood, très à l’aise et plus « Natalie Wood » que jamais pour Propriété interdite de Pollack.  Je regrette que les américaines n’aient pas pensé du tout à Lana Turner pour Madame X (elle reçut cependant une Donatallo en Italie !), sans doute en raison de l’insuccès du film et de ce qu’il avait de très daté (il est disponible en DVD, avec stf). Oui, les recettes interprétatives de Turner avaient dix ans, mais si quelqu’un comme Jennifer Jones ou Eleanor Parker avait joué le rôle aussi bien et de la même manière que Turner en, mettons, 1955, il aurait certainement été nommé pour une performance extrêmement nuancée, émouvante et maîtrisée, malgré les quarante ans bien trop perceptible de l’actrice dans la première partie du film. Bon alors disons Taylor, Lynn Redgrave, Turner …. Kaminska éventuellement, quoique je la considère plutôt comme relevant de la catégorie « supporting » (je n’ose pas dire « secondaire » … ça n’en fait que quatre. Wood alors ? Peut-être.   

 

 

 

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 08:43

 

 

Tu m’excuseras, cher lecteur cinéphile, d’avoir autant tardé à publier cet article. Mais, débordement mis à part, l’année 1965 est une de celles qui me motivent le moins, sans que je puisse nier la qualité des prestations que je vais commenter. On est définitivement entré dans une école d’interprétation nouvelle, celle de la modernité, que je trouve assez peu inspirante. Le rapport à la personnalité cinématographique a commencé à changer, les stars ont disparu. D’ailleurs parmi les cinq nommées trois sont de fraiches ingénues, qui recevaient leur première nomination (une seule devait faire réellement une carrière prestigieuse). Et trois actrices étaient anglaises (sans compter l’outsider française) … le glamour hollywoodien était en passe de disparaitre. Mais je suis fidèle à ma mission et quelques années à venir me sont plus immédiatement sympathiques. Voilà, pour commencer, la liste des nommées :

 

·         Julie Andrews pour La Mélodie du bonheur/The Sound of music (R.Wise)

·         Julie Christie pour Darling (J.Schlesinger)

·         Samantha Eggar pour L’Obsédé/The Collector (W.Wyler)

·         Elizabeth Hartman pour Un coin de ciel bleu/A Patch of blue (G.Green)

·         Simone Signoret pour La Nef des fous (S.Kramer)

 

 

Julie Andrews recevait sa deuxième nomination consécutive, ce qui confirmait qu’elle était devenue la grande star que Mary Poppins promettait. Cela dit le succès monstrueux et interplanétaire de La Mélodie du bonheur (pour que les choses soient claires : oui je fais partie des fans délirants du film, de ceux qu’on devrait enfermer et qui connaissent par cœur les chansons) aurait probablement assuré à son interprète principale une nomination. A moins de prendre les choses dans l’autre sens et d’estimer que l’actrice elle-même est à l’origine d’une grande partie du dit succès. Il est difficile d’avoir une opinion sur ce point : Julie Andrews est Maria, Maria est Julie Andrews …  aller plus loin relèverait d’une rhétorique de la provocation (et même si je suis désolé pour la pauvre Doris Day qui aurait dû obtenir le rôle). Passons sur le chant, à la hauteur de ce qu’elle offrait déjà dans le film de Disney : il est rien moins que parfait et on ne peut que dire du bien à la fois de sa netteté, de sa précision, de l’éclat et de la personnalité de son timbre et surtout de l’idéal balancement qu’elle opère entre l’opérette et la variété, au sein du même air, parfois. Day (et peut-être même la légendaire et merveilleuse Mary Martin, créatrice du rôle à Broadway) n’auraient pas pu concilier aussi bien le canari et le jazz (Hot, évidemment). Après on admirera sans trop de réserve non plus l’énergie sidérante (qui ne tourne jamais à vide) de l’actrice qui a ici bien plus à se mettre sous la dent que dans Mary Poppins. Dans ce dernier film elle était déjà drôle, mais elle a évidemment beaucoup plus d’espace ici pour faire montre d’un charme pince-sans-rire qu’elle exploite à merveille. Cela fait partie du personnage de Julie Andrews (pour le coup une véritable personnalité cinématographique). Ce qui réjouit l’amateur de performances c’est la réussite de la composition d’une part (la religieuse tête en l’air du début du film est très amusante) et la profondeur de l’interprétation d’autre part. Ses scènes d’amour sont d’une tendresse et d’un érotisme troublants et le couple qu’elle forme avec Christopher Plummer est absolument splendide. Leur scène de danse est une des choses les plus sensuels qu’on avait vues à l’écran depuis James Stewart et Donna Reed empêtrés dans les fils du téléphone de la Vie est belle. Et je pourrais continuer à parler évidemment de l’entente avec les enfants (évidente et naturelle), de la miraculeuse absence de mièvrerie de cette Maria et j’en passe. Manque, peut-être, et c’est ce que Ruth Leuwerick apporta au rôle dans la version allemande, un peu de vulnérabilité, d’inquiétude … mais la véritable Madame Von Trapp semblait, au fond, être une maîtresse femme.

De l’autre Julie (anglaise également) Miss Christie, nommée pour la première fois, l’année du film qui en ferait également une star (je veux parler du Docteur Jivago, évidemment) je ne dirai rien ou peu de chose, ce qui est profondément injuste. J’ai vu Darling une fois et demi, toujours en anglais (et dans cet anglais difficile du début des années 60) et sans sous-titres (le film vient de paraitre sous-titré dans un coffret consacré au réalisateur). J’ai un mal fou à digérer ce cinéma là et autant je trouve une étrange beauté aux films réalistes anglais, autant le côté pop britannique m’ennuie. Or Darling est la quintessence du film pop britannique. (Pire que Darling, il y a Morgan dont je serai obligé de reparler). Aussi n’ai-je réussi à revisionner pour cet article qu’une moitié du film (et encore) ce qui, par ailleurs, a suffi à me rappeler l’excellence de l’interprétation de l’actrice principale. On sent immédiatement ce qui explique que contrairement à Elizabeth Hartmann ou Samantha Eggar (dont je vais parler un peu plus tard) elle soit devenue une actrice célèbre. Evidemment on songe au charisme (Eggar en avait beaucoup aussi et au moins autant de sensualité) et à la beauté, mais ça ne suffit pas : Christie rentrait de plein pied dans la nouvelle ère dont je parlais plus haut et dont je peux reconnaitre (sans les apprécier pour autant) les qualités. Elle est impressionnante de légèreté et de naturel (dans un rôle qui exige précisément ces vertus), n’appuie rien, pleure et rit avec une spontanéité remarquable et le même naturel. La rapidité de ses réactions, son émotivité à fleur de peau épouse les traits d’un personnage d’abord présenté comme superficiel, voire franchement peu intelligent, en dépit de sa séduction physique (également exceptionnelle : Christie est presque trop belle et personnelle et brillante pour être le mannequin qu’elle joue). On notera une chose cependant, qu’elle réussit tout particulièrement et qui brille au milieu du film, en raison de l’apparition soudaine et visible de la composition : tous les moments où le personnage de Christie joue la comédie (brièvement de manière professionnel) ou ment. Elle devient systématiquement épouvantablement fausse sans que ce soit ridicule. Là pour le coup chapeau bas et plus encore en ce qui concerne une aussi jeune interprète. L’oscar est sans doute mérité et, en tout cas, très représentatif de la période.   

 

 

 

 

La jeune Samantha Eggar remporta le prix à Cannes et le Golden Globe pour son rôle dans l’Obsédé (qui passe actuellement sur TCM, la chaîne doit avoir les droits pour une courte période, profitez-en si vous êtes curieux). Wyler pensait en faire une immense star et travailla particulièrement avec elle. On sait qu’il portait chance à ses actrices (qu’on pense à Davis, Havilland, Garson dans les années 30 et 40, à Audrey Hepburn ou Eleanor Parker dans les années 50). Sa prédiction s’avéra fausse, ce qui n’enlève rien à la splendeur physique de rousse de Miss Eggar et à la difficulté qu’elle a dû rencontrer, pour un de ses premiers rôles de cinéma, à jouer dans un film à deux personnages. Cela dit, en revoyant le film, je ne peux pas m’empêcher de me dire que Terence Stamp a hérité du rôle le plus frappant et le plus intéressant (il est d’ailleurs magistral). A Eggar on demande beaucoup, en particulier dans la première partie du film, d’être l’incarnation de la normalité et de réagir à une situation anormale (celle qui consiste, pour une jeune femme, à être retenue prisonnière par malade). Wyler la filme très bien, avec d’abondants gros plans qui mettent en valeur son expressivité lumineuse. Par rapport à Christie on la sent cependant plus insistante, plus lourde, plus excessive dans l’interprétation des sentiments. Ce qui n’empêche pas de ressentir, face à sa performance, une impression réelle de complexité et de recherche émotionnelle, plus particulièrement dans la deuxième partie du film. Le plus intéressant dans son interprétation c’est le refus manifeste (de sa part et probablement de la part du réalisateur) de montrer une femme terrorisée : elle ne semble pas réellement avoir une peur incontrôlable du personnage de Terence Stamp. Il la surprend, l’étonne, l’effraie sans doute, mais ne parvient jamais à l’humilier (elle a tort : elle devrait avoir peur en fait) et elle le met perpétuellement au défit, du regard et de l’attitude. Cela me semble bien correspondre à la réalité physique des deux acteurs, Eggar semblant en mesure de terrasser Stamp à plusieurs moments du film. Les plus beaux moments de son interprétation sont les conversations les plus fouillées qu’elle a avec lui, celles où elle cherche par tous les moyens à le convaincre. L’intelligence du personnage, sa maîtrise, est alors frappante et elle parvient très bien à suggérer une sincérité « d’ivrogne » dans ses promesses d’amitié. Samantha Eggar gagne au fur et à mesure du film une véritable grandeur cinématographique, qu’il faut saluer.   

 

Plus traditionnel que les films britanniques don je viens de parler Un coin de ciel bleu révélait également une jeune artiste. Elizabeth Hartman faisait ses débuts au cinéma avec un rôle en or, celui d’une adolescente aveugle, maltraitée par une mère abusive (Shelley Winters) et amoureuse de Sidney Poitier. Le personnage est particulièrement sympathique, tellement que je ne sais jamais quoi penser de mes sentiments vis-à-vis de l’interprétation de l’actrice. Suis-je aveuglé par la tendresse que le scénariste et le réalisateur ont manifestement pour leur création commune ? Avoir choisi une inconnue pour le rôle était plutôt habile, car le public (et d’ailleurs le spectateur contemporain, qui ne la connait guère plus) ne trouvait rien qui puisse s’interposer entre lui et le personnage. De ce point de vue la création d’Elizabeth Hartman me semble excellente : on a vraiment l’impression qu’une aveugle évolue à l’écran, dans la démarche, les gestes, les mouvements de tête. Le regard vide impressionne aussi et se révèle être, à long terme, une prouesse d’acteur. On ne peut pas non plus être absolument insensible à la profonde vulnérabilité que l’actrice offre au personnage (et qui suffirait à justifier son choix). Sa jeunesse est un facteur d’émotion important, la bonté qu’elle dégage aussi. Mais enfin je réalise que je décris le caractère plus que je n’analyse la performance. Le casting était sans doute très bon, fondamentalement. Je ne trouve pas exactement d’autres mots pour parler de l’actrice, même si je veux revenir sur sa voix, plaintive mais jamais bêlante et je dois dire, à son très grand crédit, qu’elle aurait pu exaspérer en victime éternelle (songeons à Sandy Dennis dans le même caractère) et sans défense mais qu’elle ne le fera jamais (le scénario lui offrant, de toute manière, au moins un moment de révolte intéressant et qui se solde par une réussite humaine, qui plus est). Mettons donc toutes les qualités que je mentionne sur la conjonction du rôle et de l’actrice, le naturel dont elle fait preuve la faisant entrer, elle aussi et malgré la composition exigée, dans cette nouvelle école de jeu qui devait baigner la fin des années 60.

 

 

 

 

 

La Nef des fous est un film « à acteurs », choral, qui plus est. Certaines séquences (et donc certaines performances) sont caricaturales et superficielles. Mais l’intrigue qui se construit autour de Simone Signoret, « condessa » exilée, et Osker Werner, médecin de bord, est, de loin, la plus émouvante et la plus réussie du film, essentiellement grâce à des interprétations d’une beauté mélancolique à laquelle il est difficile de ne pas être sensible. Pour être clair, commençons pas dire que Signoret ne peut pas être considéré comme une « leading actress » ici. C’est d’un rôle secondaire qu’il s’agit, qui aurait pu se perdre au milieu des cinq ou six autres intrigues. Le fait d’être la partenaire amoureuse de Werner (le personnage le plus important du film) et surtout son statut de grande actrice dramatique lui permit cette nomination frauduleuse. Ajoutons aussi, pour être absolument honnête, que la composition reste minime (on ne connait pas trop la nationalité de la dame, mais l’accent de Signoret est sans aucun doute français) et repose presque exclusivement sur deux choses : l’alchimie qui nait de ses relations avec le personnage de Werner, le rapport amoureux que l’actrice entretient avec la caméra, lequel rend tout ce qu’elle dit et tout ce qu’elle fait, comme frappé du génie dramatique le plus évident. Son physique, déjà trop lourd pour qu’elle soit filmé en pied, captive le regard, son expressivité naturelle (celle qu’elle avait peut-être dans la vie) bouleverse en quelques secondes, ses inflexions graves fleurent bon le désespoir le plus absolu. Bref, on guette chacune de ses apparitions, on attend le dialogue qui fait mouche, la révélation qui va toucher (on n’est jamais déçu d’ailleurs), le moment de dignité qui va venir, évidemment royal (quand elle quitte la soirée, dégoutée par les relents d’antisémitisme qu’elle perçoit.) On ne sera jamais surpris (c’est le rôle qui veut ça) mais toujours remué et puis on apprécie la distance élégante, euphémisante (même si elle est relativement attendue au fond) qu’elle met aux scènes de manque, car cette comtesse là est aussi morphinomane désespérée. Un superbe statut de la mélancolie pensante, plus qu’une performance, mais à ce stade de réussite, il serait dommage de bouder son plaisir. Je garde cette nomination là pour la catégorie « second rôle » afin d’être juste, mais je vois très bien ce qui a pu convaincre les votants de placer Signoret dans la catégorie la plus prestigieuse.  Le film est facilement disponible en DVD.     

 

Je commençais ces lignes en avouant mon désintérêt pour les nominations de 1965. Mais je dois reconnaitre leur cohérence. A dire vrai je serai bien embarrassé d’en choisir d’autres. Maggie Smith est une merveilleuse, et merveilleusement digne, Desdémone, pour l’Othello de Laurence Olivier, mais le rôle reste, dans la pièce comme dans le film, secondaire (malgré le choix de Golden Globe de la placer en leading), à peine plus développé que celui d’Ophélie, finalement.  J’aime bien la double nomination aux BAFTAS 1966 pour Viva Maria (une pour Bardot, une pour Moreau) mais de là à consacrer réellement ces performances … alors je garderai les nominations des oscars, en remplaçant Signoret, pour les raisons exposées, par Carroll Baker qui a bien mérité une distinction pour le risque pris dans Harlow, la blonde platine (un film qui me fascine, pas nécessairement pour de bonnes raisons), aussi bien que pour son interprétation à la fois mystérieuse, naturaliste et séduisante dans l’Enquête. Un bien beau doublon, quand on y pense.   

 

 

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:10

 

 

C’est à propos du cru 1964 que circule une des histoires les plus célèbres de la cérémonie.  C’était l’année de My Fair Lady. Les producteurs avaient refusé de reprendre à l’identique la distribution qui avait triomphé à Broadway : Rex Harrisson, à la limite (mais après le refus de Cary Grant), l’absolument inconnu Julie Andrews, certainement pas. Et ce fut Audrey Hepburn qui devint Eliza Doolitle. Aux moments des nominations elle fut, alors que le film était cité partout, snobée. On parle encore d’une réaction consciente des votants face à l’injustice qui avait privé Andrews d’un rôle qu’elle avait créé et consacré. C’est peut-être au même sentiment qu’on doit la victoire de la même Andrews, récupérée par l’équipe Disney pour Mary Poppins. Une jolie morale.

·         Julie Andrews pour Mary Poppins (Stevenson)

·         Anne Bancroft pour The Pumpkin Eater (Clayton)

·         Sophia Loren pour Mariage à l’italienne (Da Sica)

·         Debbie Reynolds pour La Reine du Colorado/The Unsikable Molly Brown (Walters)

·         Kim Stanley pour Le Rideau de brume/Seance on a Wet Afternoon (Forbes)

Ainsi se fait l’histoire. Julie Andrews ne sera pas My Fair Lady, un des rôles les plus célèbres du répertoire cinématographique, mais elle deviendra (et on imagine la rage des producteurs du film de Cukor) à la fois l’heureuse gagnante de l’année et la star la plus fameuse et la plus riche des années 60 (pour, en tout et pour tout, trois films). Il fallait être aveugle et surtout sourd pour passer à côté de l’actrice. Dès son premier film sa maîtrise et son charisme sont éclatants. Pour ne rien dire de sa voix, particulièrement mise en valeur par les pyrotechnies exigées par la partition. Le timbre, le souffle, la diction, l’étendue vocale autant que la solidité de la pâte … un remède aux cocottes pincées de la divine mais aigre Jeanette MacDonald. Un faux soprano, mais une vraie chanteuse, particulièrement à l’aise ici (mais elle le sera toujours) parce la précision de sa musicalité est l’exacte équivalent de la fermeté de Mary Poppins. Car la gouvernante magique est, avant tout, une gouvernante à l’ancienne, stricte, pour en pas dire sévère. Pour Mary Poppins, de l’aveu même de l’auteur du roman, Julie Andrews était probablement trop jolie. Elle est d’ailleurs aussi délicieuse à regarder qu’à entendre. Cela suffit-il à faire une performance ? Pas si sûr. D’abord le rôle est relativement court … il disparait presque derrière l’exubérance et la présence de Dick Van Dyke et la tension des rapports entre le père et ses enfants. Presque spectatrice finalement. Dans le roman le personnage est avant tout une présence, énigmatique. C’est aux enfants que les choses arrivent. Dans le film cela se traduit par une absence de profondeur qui n’est pas dérangeante en soi, mais qui pose question quant à l’interprétation proprement dite. Andrews est évidemment excellente : elle a réussi à composer le personnage, de manière idéale, la silhouette (les pieds en dehors !), les gestes, les mimiques … tout est parfait. Et elle a quelques expressions vraiment drôles, théâtralement drôles, mais délicieuses et appropriées au genre et au style du film, qui expliquent aussi sa popularité. Alors pour ça, pour le chant (chaque air est devenu un tube en partie grâce à elle) et surtout pour l’éclatant talent de star (indéfinissable, bien entendu) on est heureux de cette victoire, mais, finalement, pas vraiment convaincu : une inspiration de casting plus qu’un chef d’œuvre d’interprétation.  

C’est finalement, une année anglaise. Julie Andrews (britannique jouant une britannique) gagne. Anne Bancroft et Kim Stanley furent les américaines exilées en Grande Bretagne. Bancroft jouait dans un film de Jack Clayton (le réalisateur heureux des Innocents qui avait déjà conduit Simone Signoret à l’oscar dans Les Chemins de la Haute Ville). Un rôle curieux de mère poule et pondeuse, insatiable machine à enfants, qui lui valut le prix à Cannes et le Golden Globe, en plus de cette seconde nomination (elle aurait probablement gagné l’oscar si elle ne l’avait pas déjà remporté deux ans plus tôt). Marquée par la dépression et la recherche de sens, le personnage est comme sublimé par deux éléments intrinsèques à la personnalité cinématographique de l’actrice : son intelligence (sa complexité) et sa sensualité. Le visage, presque un masque grec à certains moments, est souvent d’une austérité minimaliste et désolée, dans les moments les plus apaisés de sa souffrance ou de son incompréhension. La voix, à l’inverse, est ondoyante, rauque, caressante … les deux premières séquences du film sont d’ailleurs basées sur cette opposition qui ne semble cependant jamais incohérente. L’héroïne a soif de tout : de vie et de parole. C’est une des choses (avec la merveilleuse musique de Delarue) qui rend la dernière scène si belle et si lumineuse : elle a l’ampleur pour accepter l’existence qui lui est rendue. Superbe également sa connaissance presque chorégraphique de son corps et de celui de ses partenaires : on se rappelle sa prodigieuse composition, de ce point de vue, dans Miracle en Alabama. Les disputes avec Peter Finch dans Le Mangeur de citrouille (quel titre curieux et d’ailleurs inexpliqué), moins spectaculaires, sont tout aussi réussies et puissantes que les affrontements avec Patty Duke.  Elles sont échevelées et féroces, verbalement et averbalement (si l’adverbe existe), animales aussi, comme les scènes où l’actrice rit ou bien fait l’amour. C’est à la fois puissant et désarmant de naturel ou plutôt d’un certain réalisme poétique. A cet éclat cinématographique, si on ajoute les moments poignants qui parsèment la partition de l’interprète, on comprend la popularité d’Anne Bancroft dans le rôle, certainement un de ses meilleurs.   

Après la lauréate de 1962, passons à celle de 1961. Sophia Loren était encore un sujet d’étonnement : malgré sa carrière américaine raisonnablement éclatante, c’était à nouveau à un film italien (et donc non anglophone) qu’elle dut sa seconde nomination. Une première (d’ailleurs, encore aujourd’hui, rarement matchée. Isabelle Adjani est l’autre exception qui me vient à l’esprit). Les votants affirmaient donc leur sensibilité au charme de l’actrice et leur nouvelle ouverture d’esprit. A l’opposé de La Ciociora, Mariage à l’italienne est une comédie à la fois satirique (gentiment) et très tendre. L’équivalent de nos « feel-good-movies » contemporains. Le film a tant de séductions qu’il est légitime d’y succomber. On peut d’ailleurs en dire autant de Loren, très en forme physiquement pendant une bonne partie du film. Je rencontre cependant la même gêne que pour La Ciociora : un problème d’âge. Elle est un peu trop mure pour incarner la Philomène de 17 ans puis 20, au début du film. Et trop manifestement jeune pour être la quadragénaire qu’elle est censée incarner pendant la partie contemporaine. Je ne peux pas m’empêcher de voir une composition assez lourde et insistante quand elle doit être une « mama » italienne, le visage défait autant que la coiffure, le teint cireux et le regard mauvais et aigri. Les meilleurs moments (les bons moments sont, de quoi qu’il en soit, assez nombreux) sont donc les plus franchement comiques : ceux des disputes et des déceptions, où l’actrice se met toujours spectaculairement en scène et en colère. Je crois, encore une fois, que toutes les bonnes actrices italiennes étant allées à cette école, pourrait rendre justice à ce type de scènes, mais Loren est évidemment dans son élément : elle est explosive comme il faut l’être, charismatique comme peu le sont et son alchimie avec Mastroianni est notoirement exceptionnelle, ce qui nous vaut des échanges succulents, dans la colère donc, mais aussi dans l’amour. Et le cinéaste rend un hommage évident à son éclat physique (indispensable pour une partie du film) mais aussi à ce qu’il peut avoir d’excessif (quand elle marche dans la rue pour rejoindre la voiture de son amant, filmée de profil, avec sa robe et sa démarche de fille de petite vertu, par exemple). A noter que, selon une vieille tradition, la nomination couronne un personnage de prostituée au grand cœur ET de mère courage dans le même mouvement.    

 

 

Debbie Reynolds, bel exemple de « survivante » de l’âge des studios, a obtenu l’unique nomination de sa carrière pour La Reine du Colorado. Il s’agit évidemment d’un hommage à un parcours déjà long et jalonné de succès. La Reine du Colorado, adaptation d’une comédie musicale qui avait connu un certain retentissement à Broadway, remporta les suffrages du public et de la critique et le rôle de Molly Brown, presque « sur-américain » (c’était le seul de l’année) était à la fois suffisamment important, varié et gratifiant pour qu’une actrice talentueuse remporte quelques distinctions. J’aime beaucoup cette nomination, généralement détestée, l’interprétation et le film lui-même relevant vraiment de la vieille école hollywoodienne, ce qui contraste fortement avec le reste des actrices distinguées cette année. Debbie Reynolds chante, danse et joue (voire joue du vaudeville). Pour le chant, c’est réglé, elle n’a jamais été une interprète de qualité (et était généralement doublée) mais pour son personnage non poli, sa rudesse vocale n’est pas réellement un handicap (d’autant que les chansons les plus lyriques ne lui reviennent pas). En revanche c’est une danseuse et, si vous me pardonnez l’expression, pas qu’un peu. Virtuose et séduisante à la fois, un peu trop élégante même, dans certaines séquences, même si son énergie débordante, cette fois parfaitement appropriée, corrige cette impression léchée. Reste l’interprétation à proprement dire. Le rôle d’une petite sauvageonne qui rêve de grandeur et devient milliardaire par hasard est plutôt exigeant et c’est sur lui que repose la quasi intégralité du film. Reynolds l’a bien compris et son investissement éclate à chaque seconde … quitte à devenir épuisant : la longue séquence où elle veut cacher une fortune en billets dans un poêle (on devine ce qui arrive) relève du burlesque muet et c’est ainsi qu’elle la joue, mais la mécanique, dans ce nouveau contexte, tourne absolument à vide. Reynolds, cependant, remplit son cahier des charges : d’abord en étant absolument crédible physiquement d’un bout à l’autre du film. On croit à son adolescente (le genre du film aidant), on croit à sa jeune fille au physique peu éclatant (c’est un euphémisme), on croit presque toujours à sa transformation par la suite. Elle devient simplement peut-être trop vite une femme élégante (mais c’est ce qui explique le succès qu’elle remporte en Europe). Et certains moments sont joués avec une soudaine profondeur qui forme un contraste heureux avec le reste. Le moment où elle réalise la précarité et surtout la superficialité de sa vie européenne est vraiment touchant et confirme le talent dramatique de l’actrice.

Lequel est néanmoins « traditionnel » si l’on veut et ne relève pas  de la même catégorie que celui de Kim Stanley dans Le Rideau de brume, film qui, après la Chambre indiscrète confirmait de talent de Forbes (qui devait porter chance à ses actrices). Kim Stanley, après le succès critique de The Goddess, s’affirmait, le temps d’un rôle, une légende du cinéma, comme elle était déjà une légende du théâtre américain. Il est vrai que son personnage de fausse medium (dont on ne sait pas vraiment si elle est simplement hystérique ou bien profondément malhonnête, l’actrice et le scénario entretenant magistralement l’ambiguïté) qui bascule progressivement dans la folie est de ceux qui, dans de bonnes mains, deviennent vite payants. Et là le spectateur en a pour son argent. D’abord Stanley est terrifiante : je veux dire juste assez vague dans les regards, douce dans les sourires et précise et têtue dans la diction pour nous faire peur sans jamais devenir cartoonesque. Son physique alla Bette Davis/Geraldine Page aide sans doute beaucoup. On croirait parfois Baby Jane, en moins directe.  Ensuite les scènes d’hystérie/voyance sont extraordinaires : la théâtralité, jamais ridicule, du jeu de l’actrice ici (qui joue un personnage jouant sans doute un rôle … encore une fois le spectateur se questionne)  est fabriquée avec une justesse imparable. On peut aussi bien déceler ou au moins chercher les ficelles que croire à sa sincérité. La dernière séquence, où elle semble cette fois être absolument passée de l’autre côté de la raison, est fascinante : j’ai rarement été aussi captivé parce que je voyais (en me demandant quel fil du rasoir elle empruntait). On est saisi par le dramatisme du moment, sans être réellement ému (malgré les larmes extraordinaires de l’interprète à ce moment là) parce que Stanley s’est appliqué avec succès à rendre le personnage franchement antipathique et surtout monstrueusement manipulateur, dans sa délicatesse presque infantile parfois (quelle voix !). Rien dans le trait n’a été adouci, ni forcé. C’est vraiment l’humanité noire dans toute son horreur.  L’article est déjà un peu long et l’interprétation si évidente que je ne vais pas développer ce portrait. Le film est disponible en Angleterre sans sous-titres (hélas, car le contexte réaliste et anglais rend la compréhension de la parole naturaliste des personnages malaisée).   

 

Pour ne pas m’appesantir davantage je rappellerais simplement  qu’aux GG côté drame (presque toutes les actrices furent oubliées, curieusement) on pouvait retrouver les noms de Rita Hayworth pour son rôle émouvant mais secondaire de Circus World, d’Ava Gardner trahissant Tenessee Williams dans La Nuit de l’iguane, de Geraldine Page aussi géniale que toujours dans Le Tumulte et de Jean Seberg, très impressionnante, en effet, de froideur et de cruauté sous la folie, dans Lilith. Stanley fut snobée, mais remporta, outre une nomination aux BAFTA, le prix de la critique new-yorkaise et le Nationale Bord of Review. J’aurais fait, moi aussi, des choix anglais cette année.   

·         Anne Bancroft pour Le Mangeur de citrouille (disponible en DVD avec st anglais).

·         Deborah Kerr pour Mystère sur la falaise/The Chalk Garden de Ronald Neame (également nommée aux BAFTA pour un rôle très brillant, et curieusement peu distingué par les donneurs de prix, auquel elle parvenait à offrir la dose d’érotisme caché et de mystère qui font le prix de l’actrice, avec une élégance souveraine.)

·         Kim Novak pour L’Ange Pervers/Of Human Bondage de Ken Hugues (étonnante Mildred, à l’accent anglais parfois incertain, mais au charme vénéneux et charnel, finalement supérieur à celui de Davis. C’est surtout la composition très humaine et réaliste qui rend justice à la médiocrité du personnage, le rendant à sa triste réalité, loin des fantasmes du protagoniste). Comme Mystère sur la falaise le film est excellent, mais difficile à voir, si vous n’avez pas le câble.

·         Debbie Reynolds pour la Reine du Colorado/Au Revoir Charlie de Minelli(je double la nomination par la mention de sa prestation, chargée mais absolument irrésistible, dans le film de Minelli. Decidemment c’était une véritable actrice.) Le Walters existe en DVD, pas le Minelli.

·         Kim Stanley pour Le Rideau de brume

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article
17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 08:30

 

 

J’avance à une rapidité étonnante en ce moment, peut-être parce que, pour l’année 1963, deux des nommées ne se rencontrant pas au coin d’une rue, je ne les pas revues dans les films qui leur ont valu leur nomination respective cette belle année, particulièrement riche, dois-je dire. L’heureuse élue, généralement considérée comme une des lauréates les plus méritantes de tous les temps, continue d’être discutée : leading ou supporting ?

 

·         Leslie Caron pour La Chambre indiscrète/The L-Shaped Room (B.Forbes)

·         Shirley MacLaine pour Irma la Douce (Wilder)

·         Patricia Neal pour Le Plus sauvage d’entre tous/Hud (M.Ritt)

·         Rachel Roberts pour Le Prix d’un homme/The Sporting Life (L.Anderson)

·         Natalie Wood pour Une certaine rencontre/Love With the Proper Stranger (R.Mulligan)

A tout seigneur tout honneur … malgré la qualité de l’interprétation de Patricia Neal je suis heureux de pouvoir commencer par parler de Leslie Caron qui, dans La Chambre indiscrète donne une des meilleures interprétations jamais nommées aux oscars, n’ayons pas peur de le dire. J’ai vu le film deux fois (dont une en sa présence, à la cinémathèque). J’ai été à chaque fois absolument renversé par l’interprétation de Caron, qui n’a jamais, même de loin, atteint à ce niveau de qualité dans ses films précédents (et c’est une actrice que j’admire beaucoup.) Le seul moment qui m’ait fait grincer des dents, ça a été son « ou la la la la la » … après qu’elle se soit cogné dans l’escalier. Trop pseudo-français pour moi. C’est le seul instant d’affectation d’une performance extrêmement naturelle et encore, on pourrait l’attribuer tout simplement à l’origine sociale élevé du personnage incarnée par l’actrice, resurgissant au milieu de cet escalier sordide. J’ai lu déjà une très belle critique, en anglais, qui détaillait les vertus de Caron et qui disait qu’elle offrait un exemple remarquable de jeu « brut », c'est-à-dire parvenant à limiter la distance entre le spectateur et le personnage. L’interprète est plutôt expressive, à la fois visuellement et vocalement (son timbre de voix et son phrasé ne m’ont jamais sembler autant en situation, ni aussi séduisant, qu’ici : chaleureux, féminins, posés … de la même manière qu’elle n’a probablement jamais été aussi belle que dans ce film, malgré sa garde robe limitée) mais cette expressivité parait découler directement des ressentis du personnage : pour une actrice de l’âge d’or d’Hollywood, elle étonne finalement par sa modernité et sa capacité d’adaptation, puisque sa technique de jeu est parfaitement intégrée au genre du film. D’une certaine manière elle est bien moins actrice que l’immense Signoret dans Les Chemins de la Haute-Ville par exemple. Les détails et le lié (véritablement au sens de legato musical … la voix n’y est pas pour rien d’ailleurs) de l’interprétation dans son ensemble nous rapproche constamment du personnage et nous éloigne de l’interprète, alors même qu’on la voit dans des scènes de colère, de souffrance, de maladie et d’amour fou. Ce ne sont pas les morceaux de bravoure que l’on retient, mais davantage l’ensemble de son portrait. C’est à cette réussite qu’on réalise la crédibilité et la dignité qu’elle a su lui apporter. Bref … les critiques furent éblouis, le contre-emploi était manifeste (mais on y pense pas une seconde, le propos n’est pas là et il n’y a pas réellement de composition), elle jouait dans un film « sérieux » et britannique … la nomination était assurée (la victoire aurait dû l’être selon moi.)

 

Face à elle, Shirley MacLaine jouait également une française dans Irma la douce. On n’évolue pas exactement dans les mêmes sphères, même si l’association MacLaine/Lemmon/Wilder, après La Garçonnière, semblait prometteuse (et peut suffire presque à expliquer la nomination de l’actrice.) J’ai été très étonné en revoyant le film, par la quasi indifférence de MacLaine. J’avais gardé le souvenir (entretenu par les photographies) de quelque chose de très voyant, violemment caricatural et lourdement drôle (mais efficace.) Tout cela peut très bien s’appliquer à Jack Lemmon, mais ne résulte, en ce qui concerne MacLaine, que de sa panoplie vestimentaire et de quelques gestes (la manière dont elle monte les escaliers par exemple, l’un des rares gimmick qu’elle s’autorise et qui est effectivement drôle, à défaut d’être fin.) L’actrice est habillée comme une prostitué, fume comme on imagine une prostituée le faire (avec la vulgarité affichée qui va avec), marche comme une prostituée. L’interprétation de MacLaine repose donc essentiellement sur ces quelques recettes, qui s’appliquent d’autant mieux à elle, qu’elle a un corps de rêve, propre à susciter le désir. Qu’on n’aille pas imaginer non plus un visage de bois, c’est de l’actrice de Comme un torrent dont on parle : elle pleure beaucoup, gémis pas mal … mais curieusement gesticule très peu. Bref … je n’hésiterais pas à parler de sobriété dans l’interprétation de MacLaine, mais j’ai tendance à l’attribuer à un relatif manque d’intérêt de l’actrice, plus qu’à un choix interprétatif : en réalité il n’y a pratiquement rien à faire du personnage d’Irma la douce (peut-être qu’avec les chansons il en était autrement) : elle est tracée immédiatement et ne change pas beaucoup (ni l’écriture, ni l’interprétation ne le suggèrent finalement.) Et comme le personnage de Lemmon porte l’essentiel de la charge comique, il ne reste plus grand-chose à faire à l’interprète, réduite à la fonction de faire-valoir. D’ailleurs au fur et à mesure que j’écris je réalise le vide absolu que je rencontre.  

Pourtant le personnage éponyme du film de Wilder peut au moins être considéré comme un personnage principal : elle est l’enjeu d’une grande partie de l’action (même si elle-même n’agit pas.) Dans le cas de Patricia Neal, c’est beaucoup plus ambigu.  Sa gouvernante est essentiellement un témoin des aventures familiales d’un patriarche, de son fils (« le plus sauvage d’entre tous ») et de son petit-fils. Elle apparait périodiquement pendant l’ensemble du film et se révèle finalement le seul personnage féminin de l’histoire un peu consistant. Cela explique sans doute son statut. Mais au fond son personnage pourrait être supprimé sans dommage pour le scénario. Elle reste  essentiellement mystérieuse et c’est d’ailleurs cet aspect qui rend la performance de Patricia Neal si fascinante. En effet, elle parvient à suggérer un passé démesuré (dont elle lâche quelques bribes, guère satisfaisantes), alors que précisément tout le scénario semble indiquer une ménagère un peu médiocre, fatiguée. A nouveau Neal impressionne en ne gommant jamais cette dimension de son interprétation : elle traine les jambes, refuse tout glamour et résiste de manière parfaitement crédible à la séduction violente de Paul Newman. Le défi (relevé) c’était de parvenir à faire croire aux spectateurs que cette fatigue vient d’une vie plus intéressante et plus riche que ce qu’elle raconte elle-même. La personnalité cinématographique de l’actrice ici est essentielle : elle est à la fois autoritaire, sensuelle et d’un magnétisme toujours prenant. Sa voix lasse (presque mise en sourdine par l’actrice, qui doit connaître son pouvoir) et toute maternelle quand elle s’adresse au personnage de Brandon de Wilde est capable d’une sécheresse et d’une puissance saisissantes, qui écrasent brutalement ses partenaires.  L’oscar est assez surprenant : c’était la première nomination de l’actrice, elle n’avait pas absolument réussi sa carrière en tant que « star », le rôle était presque secondaire … mais à nouveau le contre-emploi était impressionnant et réussi, un peu plus chargé (mais le style du film le lui permettait) que celui de Leslie Caron.

 

 

On parle aussi de confusion de catégorie à propos de Rachel Roberts dans Le Prix d’un homme, qui est d’abord un film masculin, construit autour de Richard Harris. Mais Roberts est, comme MacLaine, l’objet de désir qui donne son mouvement au film. Elle apparait et disparait avec le récit lui-même et sa relation avec Harris est la véritable colonne vertébrale du scénario. Britannique, peu connue, mais auréolée d’une réputation de qualité et jouant dans un film intellectuel et prestigieux, Rachel Roberts ne vola pas sa nomination, même une année où Neal et Caron assurait déjà le sérieux de la sélection. Son interprétation est d’ailleurs d’une beauté remarquable, plus touchante quoiqu’aussi triste que celle qu’elle avait donnée dans Samedi soir et dimanche matin, trois ans auparavant. Le personnage qu’elle interprète a relativement peu d’espace de jeu : c’est une jeune veuve amère et désolée, de classe très modeste, qui parle relativement peu. Mais Rachel Roberts l’investit pleinement, rendant chacune de ses scènes extrêmement violente d’un point de vue émotionnel. La crudité de ses affrontements physiques (ils ne se touchent que très peu pourtant) avec Richard Harris est en grande partie dû à son interprétation. On a rarement vu à l’écran une vision aussi réussi de la restriction : Roberts semble faire de chaque geste et de chaque parole quelque chose de douloureux, comme si le moindre son, le moindre sourire aussi (et surtout d’ailleurs), lui était pratiquement impossible. Les scènes où elle s’épanche (à l’exception de celle où elle parle de la mort de son mari) montrent d’ailleurs, pour les mêmes raisons, son personnage extrêmement mal à l’aise, y compris pour les choses qui devraient être naturelles. Comme Neal, Roberts suggère une qualité de mystère, derrière sa façade de ménagère occupée. Mais elle touche pratiquement ici à la métaphysique (rendant très crédible sa mort « de chagrin » incongru pourtant dans ce contexte réaliste) et en tout cas à une espèce d’aristocratie singulière, très émouvante (en ce sens la composition est très légère.) Il s’agit donc, à nouveau, d’une des interprétations les plus réussies qu’il m’ait été donné d’observer, sans aucune fausse note, extrêmement cohérente et qui aurait pu concurrencer Caron si le rôle avait été légèrement pu développé.

Je ne peux pas dire grand-chose de Natale Wood dans Une Certaine rencontre. J’ai vu ce très beau film de Mulligan une seule fois, à la cinémathèque. Ce dont je me souviens le plus clairement c’est de Steve MacQueen, a priori ma tasse de thé, mais que j’avais trouvé excellent et étonnant (par rapport à l’image que je m’en faisais.) Wood m’avait paru à la hauteur de son partenaire, moins surprenante cependant, car elle se trouvait dans un registre assez proche de celui qu’on lui connaissait déjà : très jeune fille, issue de milieux populaires (constante de l’année, si l’on excepte Leslie Caron, qui évolue cependant, quelle que soit ses origines sociales, dans ces mêmes milieux), émotive, charmante, dégageant évidemment un halo de romantisme qui explique que l’histoire, au fond sordide (il s’agit de décider ou non d’un avortement), se change progressivement en conte amoureux. J’avais eu le sentiment d’un jeu plus mesuré qu’à l’accoutumé, rendant finalement très bien le relatif pragmatisme dont son personnage pouvait aussi faire preuve (mais je ne me rappelle plus du détail des moments les plus lyriques ou les plus intenses du film, dans l’optique de l’interprétation.) Bref, elle était crédible, dans son élément et son couple avec MacQueen fonctionnait parfaitement (cela j’en suis sûr puisque le film était bâti sur leurs relations), question d’alchimie et surtout d’équilibre, lui-même se montrant finalement plus fragile que sa partenaire, aussi paradoxal que cela puisse paraitre. Je suis heureux que Wood, artiste attachante s’il en est, est été assez respectée par l’Académie pour être nommée une troisième fois (curieusement elle sera oubliée en 1966, année notoirement faible pourtant, pour son autre rencontre avec Mulligan) mais je ne peux vraiment pas en dire plus, faute d’un revisionnage récent du film.

 

Je vais détailler un peu plus les choix des Golden Globes cette année, parce qu’ils sont surprenants et audacieux. Alida Valli était nommée pour un film argentin très rare (The Paper Man en anglais) où elle jouait, très bien, un rôle secondaire. Minime également le temps à l’écran de Romy Schneider dans Le Cardinal. La lauréate cannoise, Marina Vlady, figurait également sur les listes, pour Le Lit conjugal (où son rôle est plus impressionnant qu’exigeant d’ailleurs.) Caron remporta le Golden Globe et le Bafta (de 1962, celui de 1963 revenant à Rachel Roberts). Neal fut lauréate partout ailleurs. Je m’arrête quelques lignes sur le choix italien : Gina Lollobrigida avait trouvé avec Pauline Bonaparte dans Vénus Impériale un rôle protéiforme auquel elle se mesura avec férocité et appétit et dont elle a extrait tout ce qu’il était possible d’extraire. Elle portait littéralement trois heures de film et en fit le succès que l’on sait. Je ne l’oublie donc pas, à l’heure de faire mes propres choix.    

·         Leslie Caron pour La Chambre indiscrète

·         Julie Harris pour La Maison du diable de Robert Wise (un classique facilement disponible pour lequel je suis heureux de pouvoir nommer Julie Harris dans une de ses interprétations les plus harmonieusement cinématographique. Un personnage devenu culte, en grande partie grâce à l’actrice.)

·         Gina Lollobrigida pour Vénus Impériale de Delannoy (que j’aurais également fait concourir cette même année en tant que rôle secondaire pour son rôle de vieille fille aigrie et avare dans La Mer à boire).

·         Rachel Roberts pour Le Prix d’un homme

·         Jean Simmons pour All The Way Home d’Alex Segal (où elle offre, alors que le film est pratiquement inconnu, une vision dévastatrice du deuil et de la dépression, ce qui ne l’empêche pas de rayonner de tendresse. La quadrature du cercle.)

 

Repost 0
Published by Le vidame - dans Oscars
commenter cet article