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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 16:27

"Il faut, pour être heureux, s'être défait des préjugés, être vertueux, se bien porter, avoir des goûts et des passions, être susceptible d'illusions, car nous devons la plupart de nos plaisirs à l'illusion, et malheureux est celui qui la perd. Loin donc de chercher à la faire disparaitre par le flambeau de la raison, tâchons d'épaissir le vernis qu'elle met sur la plupart des objets ; il leur est encore plus nécessaire que ne le sont à nos corps le soint et la parure."

 

Au milieu du Discours sur le bonheur de Mme du Chatelet, un texte plutôt froid et peu aimable, qui fait de la satisfaction immédiate des plaisirs raisonnables la première; et presque l'unique, condition au bonheur, excluant les idéaux et les sentiments, ces quelques lignes sur l'illusion surprennent et renvoient à une perception plus tendre du caractère humain.

 

J'ouvre donc, chers lecteurs perdus, l'année 2013 en vous souhaitant de belles et bonnes illusions.

 

Je n'entretiens plus le blog activement, j'espère ne pas l'abandonner complètement. Afin de garder un espace d'expression j'ouvrirai une rubrique consacrée aux écoutes mensuelles : je ne serai donc plus obligé d'attendre d'avoir un texte long et argumenté avant d'écrire. L'article sera édité à chaque nouvelle écoute marquante, sur le modèle de ce que propose mes voisins, Tom et Catherine, pour leurs visionnages cinéphiliques.

 

Noël m'a semblé un peu triste en France cette année (le climat ou bien la sécularisation ?) Mais je l'ai fêté avec les musiques et rituelles habituelles, rassurez-vous.

 

 

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 17:31

Non le blog n'est pas, absolument, mort. De temps à autre j'y jette un oeil las et aussi nostalgique. Qui m'aurait dit la place qu'il occupe dans mon coeur aujourd'hui ?

 

Cependant j'ai des idées : d'abord il faut que je reprenne mes oscars. J'en suis à 1952 et il y a des choses à dire sur Hayward (miam), Crawford (slurp) ou Shirley Booth (joker).

 

Et puis j'écoutais tout à l'heure Mady Mesplé grelotter dans un passionnant récital en duo avec Gedda. Le résultat est vraiment curieux, pas absolument réussi, les deux voix s'équilibrant plutôt mal, mais ils ont une telle allure, une telle élégance, un si beau ton ... qu'on a envie d'analyser de plus près la chose. C'était l'anniversaire de madame Mesplé, il faudrait insister sur cela, d'autant que j'ai pu aussi entendre le pot pourri (quatre CD) proposé par EMI France, avec au moins la réussite que constitue le disque de mélodies.

 

En attendant je signale aux lecteurs de passage la sortie (à une date anniversaire également : le 7 novembre, soit la date de naissance de naissance de la dame) de ceci :

 

 

 

C'est à dire l'intégralité des récitals de Sutherland pour Decca, y compris les raretés absolues (les mélodies russes ou ce curieux programme "Songs for soprano, horn et piano"), les récitals communs (duos avec Pavarotti et "The Art of Bel Canto"), les bonbons que je préfère (le récital Coward, le fantastique et abondant bouquet d'airs d'opérette) et les classiques ("Command performances", "Romantic French Arias"). Du coup on passera sur les horreurs du récital Mozart que je ne connais qu'en fragments. Le coffret était en vente pour 22 euros sur amazon. Erreur. On vient d'être prévenu que ce n'était qu'un doux rêve et que l'amateur devra en débourser 66 (ça reste quand même bien raisonnable). Mais enfin la démarche, après tant de morceaux choisis, est réjouissante et rejoint le travail effectué pour Marilyn Horne il y a quelques années déjà.

 

Ne pas oublier les splendeurs gracieuses d'un récital de lieder de Schubert et Schumann accompagné au pianoforte, avec la chère Batave (pas Deutekom, Ameling).

 

Et dire que "Cine Classic" passe en ce moment le rare La Folle de Chaillot, dans lequel viennent jouer (au sens de "s'amuser") sa majesté Katharine Hepburn, Edith Evans, Giulietta Massina, Yul Brynner, Paul Henreid, Charles Boyer et j'en passe (et d'à peine moins illustres).  

 

Voilà ... comme Erda je peux retourner à mon silence éternel, lequel n'est pas trop effrayant. J'espère.

 

PS : il est question sur le net, en ce moment, d'un roman victorien avec une femme loup-garou. Je tiens à dire que je n'y suis pour rien.

  

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 15:17

Oui je sais que cette étape est toujours inquiétante (elle a signifié, du moins en ai-je l'impression, le ralentissement du blog érudit de Licida) un peu comme le titre le plus élevé ou la charge la plus prestigieuse signifiait pour les favorites de Louis XIV la fin, précisément de la faveur, mais enfin je voulais écrire que je ne me désintéressais pas du blog. (Ce qui est, je m'en rends compte, un peu présomptueux).

 

J'attends maintenant les vacances et la reverdie pour dire quelques mots  :

 

  • Des oscars 1941/1942/1943.
  • D'autres mozartiennes, après Mathis et Stader (en l'occurrence Judith Blegen, Arleen Auger et Helen Donath).
  • Du récital d'airs d'opéra et de concert de Schubert et Mozart par Elly Ameling.
  • Des valses viennoises signées par d'autres que par les Strauss. Là c'est assez ambitieux, puisque je n'y connais rien, mais le thème m'obsède en ce moment.
  • Des canaris hollywoodiens, espèce pour laquelle j'ai une grande affection.

 

 

 

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 10:57



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C’est le sort obligé du malheureux blogueur, qui n’est pas qu’une créature virtuelle, que d’être frustré. Pour dire les choses simplement, faute de temps, on ne peut pas parler de tout. Et, concrètement, je parle, ou plutôt j’écris, de moins en moins.

Je ne peux rien dire donc de L’Or du Rhin de Bastille et dont certains détails m’on paru fort beaux, surnageant au milieu d’une esthétique volontairement distanciée et cheap. Quelle image, par exemple, que celle de Freia, sous son voile blanc, prise de pitié ou d’amour pour Falsolt, entrainée par ses frères vers le Walhalla, gravissant les marches mais le visage et le haut du buste tournés vers le cadavre du géant. Et quelle voix, dorée comme les pommes du jardin des Hesperides, que celle de Sophie Koch en Fricka, fabuleuse en tout, racée en scène et même royale, mais surtout d’une projection dense sur toute la tessiture et d’un legato divin, superbement reconstruit par des consonnes à l’expressivité formidable.

Je ne dirai rien non plus de L’Amant Jaloux que l’Opéra Comique, avec la complicité de Versailles, transforme en pièce de boulevard pour le plus grand plaisir d’un public ivre de ris et de bonheur. Les toiles peintes Rococo, les costumes de petits marquis et des grandes d’Espagne, les perruques flamboyantes et colorées. Rien ne manque. Ne boudons pas notre plaisir, même si Magali Léger n’en peut mais dans les vocalises de son grand air (ah … si Sumi Jo …). La merveilleuse musique de Grétry s’accommode de tout et de plus encore, ravit l’oreille par ses cadences parfaites et sa transparence orchestrale. L’invention mélodique du compositeur est toujours d’une constante joliesse mais ce qu’on apprécie encore davantage c’est la construction des ensembles, ravissante et inventive à la fois.

Pas un mot à propos du Mangeur de citrouille film au titre étrange, et d’ailleurs inexpliqué pour moi, que signa Jack-Les-Innocents-Clayton en 1964. La nouvelle vague anglaise excella à ces portraits féminins en noir et blanc, tout près du quotidien et même du sordide. Anne Bancroft, sublimement photographiée, n’a jamais été aussi belle à l’écran et trouve peut-être le rôle de sa vie, dans sa simplicité et son évidence. Avec en prime Peter Finch et, le temps de brèves scènes, James Mason et Maggie Smith, toute jeunette.

J’aurais aimé pouvoir écrire, ne serait-ce qu’à titre d’exorcisme, à propos du crève-cœur que constitua pour votre vidame le visionnage des Chuchoteurs. Autre film anglais des années 60 (67 pour être précis). Le réalisateur éclaire avec douceur et tendresse l’univers insupportable de tristesse d’une vieille dame issue de la classe ouvrière, rendue à moitié folle par la solitude et l’absence d’horizon. Avec un scénario remarquablement structuré qui soutient de bout en bout l’intérêt pour un sujet particulièrement dépressif, l’autre atout du film est la présence d’Edith Evans dans le rôle principal. La souffrance rentrée qu’elle fait passer dans chacun de ses gestes et expressions transperce le malheureux spectateur jusqu’à une réplique finale qui donne de violentes envies d’appeler immédiatement sa grande tante, quelle que soit l’heure, pour lui annoncer une visite impromptue le week-end prochain.  

Ah si j’avais du temps je vous conseillerais aussi la lecture des Mémoires d’Hortense Mancini, une des mazarinettes. En cinquante pages, le bruit et l’éclat du règne de Louis XIV, les procès, les disputes, les couvents et même sa fuite à cheval à travers la France déguisée en homme, comme dans un roman. Le phrasé impeccablement soutenu et le rythme de la langue de celle qui devint la duchesse de Mazarin atteignent directement objets, sujets et jusqu’à sa Majesté, elle-même. Je me dis que c’est peut-être ce type de texte qu’on devrait faire étudier aux apprentis littéraires qui se frottent au Grand Siècle.     

Je ne peux rien ajouter à propos des sonates de Paër pour Marie-Louise, alors duchesse de Parme, cascades de notes en modes majeures, fortement structurées cependant par des contraintes de formes et de rythmes dansants. On dirait, finalement, du Rossini Serio passé au pianoforte. Enregistrées sur un des  instruments de la dédicataire.  

Pas plus que je ne peux analyser « Quelle pupille tenere » que composa Cimarosa pour un castrat sopraniste dans sa visions des Horace et Curiace alors que le rôle féminin était réservé à la Grassini. Dans la première reprise pour la RAI et par Giulini, conventions du XXème obligent, c’est Simionato-mezzo qui chante l’homme-soprano et un obscure soprano italien qui interprète la femme-contralto. Au moins il m’est encore possible de vous faire entendre une version d’un des titres de gloire de l’aimable compositeur.    

 

 

Et n’insistez pas. Je ne dirai rien de mon chien !

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