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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 12:42

J’ai reçu hier une carte de vœux virtuelle, spirituelle et youtubesque qui chantait Noël à Vienne. Sur l’Isola disabitata, Bajazet nous invite à célébrer l’hiver à grands coups de Rameau et de Pfitzner. Tout le monde sait que je ne conçois Noël qu’Anglais, édouardien, fantomatique et enneigé. Je m’y essaye donc à mon tour, étant particulièrement conventionnel.


A tout seigneur, tout honneur.




Mais pas de Noël sans Emma Kirkby  accompagnée au luth dans au moins une song de Dowland. J’ai des principes.



Pas de Noël non plus sans Stuart Burrows et ses ballades victoriennes.


Impossible de ne pas écouter la merveilleuse Fantaisie concertante de Tippett sur un thème de Corelli (lui-même compositeur d’un célèbre concerto de Noël, mais italien, ce sera pour l’année prochaine, quand on échangera le pudding contre du panettone).   



Et Brahms à l’anglaise ou plutôt à l’universelle, pour terminer :


Je suis bien conscient que tout cela ne pourra pas remplacer le Barnaby de Noël dont on nous a cruellement privés cette année pour cause de Bêtisier 2009. Audimat, que de crimes on commet en ton nom ! 

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Published by Le vidame - dans Musique
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commentaires

Hansk 30/12/2009 20:55


(ben voilà, j'ai plus qu'à mettre des flux RSS ici aussi !)


Le vidame 30/12/2009 19:09


"Sauf que, comment exmpliquer, je marche complètement avec l'une et pas du tout avec les autres, et du coup, j'ai tendance à lui trouver de la "classe" et du "chic", et à qualifier les deux autres
de "putassières"...

C'est sans doute inexplicable d'ailleurs sauf pour un bon psychanaliste.


Le vidame 30/12/2009 19:07


Vos messages deviennent plus long que mes articles, c'est un peu l'apothéose du vidamé.

Ne nous en prenons qu'à nous même si nous avons été chassés de l'isola. Il est des sanctuaires qu'il faut respecter. Le tombeau de Maureen Forrester en est un.

Je suis fâché que vous ayez relevé "tout pulpe dehors" c'est un de mes tics. Zut.

A propos de tout le reste ... Nous sommes d'accord (pour une fois) et j'aurais tendance moi aussi à fuir ce qui est estampillé sex symbol (sauf que Dietrich pour moi rentre dans cette catégorie. Ce
qui montre bien la fragilité de nos esprits et de nos goûts).
Disons que globalement je déteste la simplicité, c'est ce que je disais à propos de Moffo, et qu'au cinéma comme à l'opéra j'ai besoin d'un minimum de réflexion avant d'être séduit. Du coup je ne
peux pas être emporté par quelque chose qui s'offre en évidence (le sexe, la grande beauté et sensualité physique, le timbre capiteux et la facilité vocale.) Je ne suis pas contre, mais ça ne
suffit pas et c'est la première chose que je sacrifie à ce que j'appelerai l'intelligence - prenez le au sens qui vous arrange. En gros il faut que je sente un arrière-plan et que je puisse être
amené à interpréter quelque chose. C'est très prétentieux et narcissique, j'en suis bien conscient. En même temps quand on s'autoproclame vidame de Chartres ...


james west 30/12/2009 17:36


Reprenons, voulez-vous, notre conversation puisqu'on nous expulse manu militari de l'île voisine!

Merci à Francesco et Caroline pour leurs fascinantes et éclairantes contributions lacrimales et cinéphiliques sur l'art de Garbo : je ne peux en dire plus, car j'ai vu Camille une seule fois voici
plus de 25 ans, à l'époque où fasciné par le sphotos de Garbo je hantais l'action Christine et voyais tous les films de la Divine (Ninotchka, la femme aux deux visage, Reine Christine, etc.) et en
ai donc un souvenir ébloui mais fort flou.


Pour revenir à la Giuditta de Lehar, en fait je m'aperçois que je trouve ces deux versions de l'air tout aussi fascinantes et... érotiques, pour des raisons différentes et complémentaires.

Bien sûr le charme de Stratas, avec son timbre acide, étrange, ses inégalités de couleurs, sa façon insidieuse de prononcer les mots, de phraser, est plus vénéneux. Mais j'avoue que je suis assez
scié par ce que propose Moffo : et pas seulement pour son sidérant -et inattendu- contre-Mi qui couronne le tout, ni même pour son physique glorieux (elle a vraiment tout d'une actrice italienne,
alla Lolobrigida ou Loren, de ces années-là... bien qu'elle soit en fait américaine; et au reste elle a pas mal servi le 7è art, jusqu'à même paraît-il se commettre dans des films érotiques. Pour
la beauté elle n'a rien à envier à une Netrebko par exemple!). Mais je trouve une sensualité folle -voire affolante- à son timbre ("tout pulpe dehors", je retiens l'expression!), à son phrasé. Il
est intéressant d'essayer d'analyser ce qu'on peut trouver d'"érotique" dans une voix. Si on faisait un sondage parmi les lyricomanes pour savoir quelle voix ils trouvent la plus érotique" ou
"sexy", je ne serais pas surpris de trouver citées en tête des chanteuses comme Leontyne Price ou Renée Fleming, toutes deux au timbre capiteux. Mais une certaine épaisseur du timbre -notamment
dans le grave- chez la première, et des accents alanguis et décadents chez la seconde empêchent mon adhésion totale. Pour moi, dans ce registre pulpeux, Moffo reste LA voix numéro, même si j'ai
conscience que ce sont des critères, et donc des choix terriblement subjectifs et personnels.

Mais dans un autre genre, je trouve terriblement sexy, pour des raisons complètement différentes, le timbre de T. Stratas, E. Moser ou même J. Baker, mais c'est sans doute plus lié à ce qu'elles
dégagent et aussi à leur personnalité d'artiste.

Ce que dégagent actuellement des cantatrices estampillées "pulpeuses" ou "glamour" style Netrebko ou Gheorgiu me laisse par ailleurs complètement froid en revanche. Et pourtant, on pourrait
m'objecter que ce n'est pas foncièrement différent de ce que proposait Moffo. Sauf que, comment exmpliquer, je marche complètement avec l'une et pas du tout avec les autres, et du coup, j'ai
tendance à lui trouver de la "classe" et du "chic", et à qualifier les deux autres de "putassières"... Mais d'aucuns pourraient trouver exactement le contraire!

Je pense que le problème est le même avec les actrices estampillées "sex symbols", et Gardner comme Bacal (je l'avais oubliée celle-là!) me laissent froid, mais je m'enthousiasme -généralement-
pour ce que dégagent Garbo et Dietrich.


Le vidame 28/12/2009 18:18


On ne fait pas plus antithétique, de Stratas dont la voix, le timbre, sont quand même incroyablement secs et racés à la fois (racés parce que secs ?), à Moffo, tout pulpe dehors.

Je sais bien que cette dernière compte des fans dont le simple fait d'être estimé est déjà honneur mais je dois dire que plus je l'écoute et moins elle m'intéresse. C'est trop beau et trop simple
pour moi je crois.

Vous allez me dire que les fans de Knef ont généralement un problème avec Anna Moffo ?